ANNE de BRETAGNE et l’ignoble guerre d’invasion qui a détruit la BRETAGNE de 1487 à 1491.

 

ANNE DE BRETAGNE ET L’IGNOBLE GUERRE D’INVASION QUI A DETRUIT LA BRETAGNE DE 1487 A 1491.

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L’ARME LA PLUS EFFICACE POUR QUE RENAISSE NOTRE PAYS : SON HISTOIRE, LES INJUSTICES ET LES CRIMES DONT LES BRETONS ONT ETE VICTIMES.

 

Le long texte qui suit, est consacré à la première année de l’ignoble guerre d’invasion intentée à la Bretagne pacifique  par la France de 1487 à 1491. Une guerre abominable, injuste, qui a réduit la Bretagne en cendres au bout de cinq années de tueries, d’incendies, de destructions, de mensonges répugnants de la part de notre ennemi héréditaire : la France. Très peu de Bretons sont au courant de cet épisode affreux qui a précipité notre pays dans le désastre et la ruine, dont nous ne sommes jamais sortis, et qui a fait de nous des esclaves. Il a pour but, certes d’informer nos jeunes Bretons de ce que fut « l’oeuvre civilisatrice » du pays colonial situé à l’est de nos frontières, mais aussi de détruire définitivement les idioties perpétrées par la médiocratie universitaire, qui, une fois disparus nos grands historiens – La Borderie, Planiol, Pocquet du Haut-Jussé, Dupuy et quelques autres -, sous l’influence des marxistes menteurs, a tenté de ré-écrire notre histoire nationale à la lumière de leurs théories débiles, dont on a vu les effets en Russie, en Chine, au Cambodge, en Corée du Nord : au minimum 100 millions de morts innocents, dans des conditions atroces. L’université bretonne de cette époque, alors que tous les « agrégés » et les « docteurs », appointés avec nos deniers, auraient dû unir leurs forces – toutes leurs forces – pour faire connaître la Vérité, est sortie très rapetissée de cette nouvelle épreuve pour la Bretagne. Au lieu de consacrer des années de « recherches » à des sujets aussi internationalement majeurs pour notre histoire (tels que « La culture des poireaux et des navets à Quimper-Corentin, de 1350 à 1352 », ou encore : « Les rapports psychologiques entre le paysan breton et ses chevaux de trait au 19ème siècle », etc.), il y avait là une belle oeuvre collective à accomplir.

On leur en aurait été reconnaissants. Hélas !

Il n’y a jamais eu de penchant des Bretons pour une quelconque « Union » avec la France, comme ont osé l’écrire des « hystoryens » pourtant très informés, comme le fut, entre autres Emile Gabory, auteur d’études très fouillées sur les guerres de Vendée. La prétendue « Réunion perpétuelle » de la Bretagne à la France fut une imposture, une escroquerie, arrachée par la force, la violence, la peur, le mensonge, les promesses fallacieuses, l’achat des consciences : le prétendu « traité » de 1532 n’a jamais existé, ce fut UNE GROSSIERE ANNEXION, imposée par le plus fort au plus faible, en d’autres termes : une opération NULLE de plein droit, mais inaugurant une période d’OCCUPATION, aggravée par l’amputation, contraire au droit international, de notre territoire symboliquement le plus prestigieux, et le plus riche : le comté de Nantes.

Voyez ce qu’il en est :

Les chapitres qui suivent (1488, 1489, 1490, 1491) sont virtuellement très avancés. Ils sont sécurisés, vu que nous vivons sous la férule impitoyable d’un pays qui a « inventé les droits de l’homme », qui se glorifie d’avoir « apporté la Liberté au monde » (incroyable mais vrai), qui a réussi à placer le droit à la libre expression sous un masque de fer, et qui a attiré à lui des « Bretons » pour collaborer à son oeuvre gigantesque.

 

LOUIS MELENNEC.

 

L’immense Ernest Renan, breton, l’un des génies les plus puissants du 19ème siècle, a écrit en substance, d’une manière fort claire :

» La recherche historique, en exhumant les crimes commis par les colonisateurs , mais dissimulés par lui d’une manière machiavélique, met les nations artificielles en péril de disparaître. Mais elle est de nature, savamment conduite, à faire renaître des nations supprimées de la carte par leurs tortionnaires ».

Cette pensée profonde a été l’une des règles principales de mes recherches : exhumer notre histoire, en supprimer les falsifications, pour faire renaître et retrouver notre personnalité nationale, avec tout ce qu’elle comporte, et ce qu’elle comportera dans le futur : la Liberté par rapport à ceux qui nous ont asservis, c’est à dire notre Fierté, notre Dignité d’hommes. Il ne s’agit en aucun cas d’une appétence particulière pour les horreurs du passé, ce qui serait malsain, maladif, et contre productif. Ni sûrement d’un hasard : ils s’agit d’une stratégie, mûrement pensée, pourpensée, murie, élaborée, perfectionnée, affinée au fil des années, et toujours strictement adaptée aux effets à obtenir et à produire, sur des personnes précises, des groupes de personnes parfaitement identifiées, avec la certitude de les atteindre, les ayant visés avec une grande précision, et n’exposant jamais dans les articles élaborés à cette fin que des faits véridiques. Tout cela dans l’application et dans le respect strict du droit européen et international, que la France viole tous les jours avec allégresse… Mobiliser les sentiments, tous ceux que l’on peut toucher : l’amour, la compassion, l’amitié, l’admiration, la condamnation, même la haine, dans les cas extrêmes, et si cela est indispensable, pour le temps nécessaire seulement, bien entendu … Parmi eux, le plus efficace, lorsqu’on est en mesure de l’alimenter par des faits véridiques : le sentiment de réprobation, de condamnation inconditionnelle, de rejet absolu de ces actes, par l’horreur qu’ils suscitent, de ceux qui les ont perpétrés, et de ceux qui ont construit leur prospérité sur cet héritage malséant : bref, de ceux qui s’en réclament les héritiers, comme ceux qui présentent comme héroïques les crimes de Staline, de Mao Tsé Dong, de Paul Pot et autres Hitlers du même genre. Hier : ceux des nazis; aujourd’hui : les crimes de Daech, donc.

Le premier qui dit la vérité est haï, et doit être assassiné. Croit-on que je ne connais pas ce précepte élémentaire ? Je sais à quoi je me suis exposé, volontairement, en parfaite connaissance de cause, dès le début de mes conférences, de mes travaux et de mes publications : j’ai récolté, de la part de nombre d’imbéciles, très au delà de ce que la Bretagne aurait du normalement produire. Celui qui agit, d’autre part, est l’objet d’une jalousie furieuse de la part de ceux qui ne font rien : triste loi de l’humanité, liée à la nature humaine : idem.

Il fallait accepter ce prix : JE L’AI FAIT, je le revendique.

Mais aujourd’hui, qui est détesté, qui est méprisé ? Voyez les blogs et les sites : leurs noms sont clairement étalés, sous l’appellation de traitres. (Tapez simplement dans Google : traitres bretons); ce sont ceux qui nous ont trahi, ceux qui nous trahissent, et qui sont payés pour cela, et qui se taisent. Qu’il doit donc être infernal, pour eux, de vivre dans leur peau, et de savoir que cela va être transmis, pour ceux qui ont fauté le plus gravement, à leurs héritiers, pendant des siècles. Les enfants méritent-ils d’être punis pour les fautes de leurs parents ? Ils ont pris cette responsabilité, qu’ils en supportent les conséquences.

Ainsi, la famille Rohan, de 1487 à 1491, qui se rangea du côté des hordes françaises dès le début de l’abominable invasion française de 1487, est-elle encore honnie, cinq siècles plus tard, par une partie de la population bretonne : au point que je connais des personnes qui évitent de passer par la ville de Josselin, où se trouve leur château, comme si des relents de peste infectent encore la campagne environnante. Nous allons voir, dans les longs chapitres qui suivent, ce que furent les horreurs auxquels ils participèrent, avec nos ennemis, durant cette période pendant laquelle notre pays fut réduit en cendres, et nos ancêtres humiliés.

 

UN SECOND LIVRE BLEU DE LA BRETAGNE ? 

Du prétendu roman d’amour de la Bretagne et de la France, dont on a bassiné nos jeunes cervelles friables et vulnérables, que reste-il ?  Plus rien, pas même des débris : du dégoût, pire : le plus profond mépris à l’égard des coupables, et surtout de leurs complices bretons.

Comment la France a-t-elle pu nous infliger ce mensonge abominable dans ses écoles « républicaines » et nous faire honte de nous-mêmes, en nous insultant  jusqu’à ces toutes dernières années ? Et comment les « hystoryens » « bretons », dont c’est le métier de dire la vérité, formés et payés pour cela avec notre argent,  et qui ont eu comme moi accès à toutes les archives, ont-ils pu nous entretenir dans cette erreur affreuse jusqu’à aujourd’hui ? En 2008, il y a seulement dix ans, Martin-Chauffier, rédacteur en chef d’un grand hebdomadaire, dans une interview donnée à l’ABP, cultivait encore cette sottise du roman d’amour entre la France et la Bretagne. Et on l’a encore entendu dire, très récemment encore, que « l’intégration de la Bretagne dans la France s’est faite sans problème ». Effarant, tant d’ignorance stupéfie : asinus asinum fricat : l’âne frotte l’âne, ou plutôt, ici, se frotte lui même. A quel point les petits esclaves bêbêtes que nous avons été sous la férule de la marâtre d’à côté, avons été intoxiqués, comme tant de petits peuples asservis par des pays sans foi ni loi ! C’est aussi ce que j’ai appris à l’école ! Martin-Chauffier avait publié un « Roman de la Bretagne », il y a une dizaine d’années; il n’a donc rien appris pendant cette décennie; il se prenait pour un historien ! Une longue émission avec le triste Henry de Lesquen, président de radio-courtoisie – un autre « Breton » (! Ah ?) – un an après la publication de son livre, m’a convaincu que ce romancier de la Bretagne se prenait au sérieux ! J’ai écouté cette émission avec stupeur, comme celle de Didier Lefur, qui s’est fait une réputation, lui, en écrivant sur François Ier, qu’il prend toujours, en 2018, pour un gentilhomme !) (Voir sur la toile : Mélennec Didier Le Fur, et les commentaires sous son film Youtube). (Lefur avait commis un très mauvais livre sur Anne de Bretagne, en 2000, chez Guénégaud, mon voisin à Paris, qui me demanda, à cette époque, de diriger une collection historique chez lui, projet qui ne s’est pas réalisé. Le même Lefur a aussi rédigé un article risible sur Anne de Bretagne, dans le catalogue de l’ « exposition » Anne de Bretagne à Nantes, eu 2007, et dont j’ai relaté le triste dessein : essayer de détruire l’image de notre héroïne nationale, par des propos ridicules, outranciers, et surtout ignares : lisez et voyez à quoi servent vos impôts :

http://www.site.louis-melennec.fr/impression-de-nantes.htm

Lefur a été le « conseiller » de cette exposition, dans laquelle toute la période ducale est supprimée (vous avez bien lu : supprimée) : et pour cause, ce sont des ignorants qui l’ont bâtie (à l’exception de Michael Jones et Colette Beaune, qui se sont laissés piéger, comme des bleus : ces deux auteurs, réputés, ont eu l’imprudence d’accoler leur nom au catalogue de l’ « exposition » attrape-nigauds, imprimé avec notre argent pour nous berner : Didier Lefur a été l’élève de madame Beaune, elle s’est laissée rouler). ! Aucun des visiteurs de cette « exposition » horriblement malhonnête, ne sait donc, en sortant, que la Bretagne a eu ses rois, sa constitution, sa monarchie représentative, et qu’elle n’a succombé qu’à la suite d’une guerre terriblement destructive, de cinq années.  Comment des ignares de la période monarchique auraient-ils pu en parler ? (Le lecteur curieux lira, en entier, le remarquable ouvrage publié par madame Beaune,  sur La naissance de la France : comme tous les autre auteurs – dont moi-même -, elle démontre que la France n’est pas née des Gaulois, ni de Clovis, mais apparait sur la carte, lentement encore, à partir du 12ème siècle seulement, autour des maigres propriétés des Capet, annexées peu à peu autour de Paris).  Et qu’on ne peut guère parler de la nation France qu’à partir des 13ème et quatorzième siècles. Pauvres Lefur, Croix, Minois et autres ! Leur « oeuvre » va sombrer toute entière, car de telles erreurs détruisent tout, y compris ce qui est moins mauvais dans ce qu’ils ont écrit. Pauvres Bretons surtout, tous bernés par le lavage des cerveaux made in France ! Et quel malheur pour eux de compter parmi eux des menteurs.

J’ai longuement commenté aussi, l’émission de Stéphane Bern sur Anne de Bretagne, diffusée en 2014, très bien faite, un parcours presque sans faute : Bern est honnête, lui, et c’est un travailleur acharné : deux qualités que j’apprécie :

http://louis-melennec.fr/2014/10/10/comment-lodieux-nationalisme-francais-criminel-destructeur-des-civilisations-des-pays-des-cerveaux-a-reussi-a-transformer-les-timid

Je dois au professeur Jean-Philippe HESSE, lors de la soutenance de ma thèse de doctorat en droit, à Nantes, notre capitale historique, en 1996,  de m’avoir mis sur la piste. Je connaissais, grosso modo, la vérité. Mais non pas les horreurs dont la France s’était rendue coupable. Dès lors que ce sujet tabou était interdit dans les facultés, et que personne ne voulait grimper sur la barricade,  encore moins se compromettre, ce ne pouvait être que le Bigouden que je suis de monter au combat. Car moi aussi, j’ai longtemps été roulé dans la farine : qu’on sache que je n’apprécie pas du tout le mensonge et l’hypocrisie, et que je tiens à le faire savoir.

http://www.site.louis-melennec.fr/trouille-bretonne.htm

Et les « agrégés » en histoire Le Drian et Poignant, qu’ont-ils fait pour vous éclairer ? JAMAIS, pas plus que les autres, « députés » et « sénateurs », presque tous cooptés par le pouvoir, n’ont élevé la voix pour dénoncer les crimes contre l’humanité perpétrés en Bretagne. Et d’autres encore ? On doit au célèbre Poignant, ex-maire de Quimper, « hystoryien », conseiller « espécial » de François Hollande à l’Elysée pendant 5 ans (Voyez les dégâts, il faisait partie de cette équipe que M. Mélenchon désigne sous le nom de « pédalos » (sic), et M. Strauss-Kahn de « brêles » (sic), c’est-à-dire d’insuffisants intellectuels !). Il a publié cette bourde hallucinante, dans son blog : « C’est Anne de Bretagne qui, en 1532, a rattaché la Bretagne à la France ». Or, accrochez vous bien : en 1532, Anne de Bretagne, l’honneur de notre Nation, reposait dans sa tombe depuis 1514 !!!! Voila toute notre « école » « hystoryque » bretonne, qui fut si brillante, (avant Staline), résumée en une seule ligne,  depuis la disparition de La Borderie, Pocquet du Haut Jussé,  Marcel Planiol et quelques autres, qui, eux, nous firent honneur, même si, de leur temps, on ne connaissait pas encore tout sur notre histoire ! Des personnages comme Poignant nous déshonorent jusqu’à la fin des temps. (Sa plus grande fierté, selon son propre aveu : « avoir « décroché » l’agrégation d’histoire ! Dans une pochette surprise ? Autre sujet de fierté : l’amitié ! A l’égard de François Hollande, sans doute, abandonné au milieu du gué, avec  Le Drian, en 2017 ? Triste sujet que de trahir ceux qui ont fait votre carrière, et qui ne seraient rien sans eux, même si leur cerveau ne dépasse pas la taille de celui d’une souris).

Il n’y a de pire crime que celui commis contre son pays. Cela est vrai pour les Bretons, mais aussi pour les Français : car si je défends l’identité bretonne avec intransigeance, je défends aussi, avec la même fermeté, l’identité des Français, qui est aussi noble que la nôtre : ce sont des moutons, ils ne sont pas responsables de ce que leurs gouvernements, fort peu brillants, leur ont imposé depuis plusieurs générations. En cette année 2018, la France est sinistrée. 

Cette période de la guerre d’invasion et de l’annexion de la Bretagne, contre son  gré,- que Kerhervé désigne sous le « doux » nom de « période sensible » (sic), était TABOU. Elle ne l’est plus, puisque j’ai levé le voile.

Tout crime doit être puni.

 

LOUIS MELENNEC

 

(Ecrit à La Baule-en-Bretagne, mai 2018).

 

 

ANNE de BRETAGNE et l’ignoble guerre d’invasion qui a détruit la BRETAGNE de 1487 à 1491.

LIRE L’ARTICLE EN ENTIER, ET LE DIFFUSER PARTOUT. Vous savez, Bretons, que vous seuls pouvez faire avancer les choses, comme les Catalans, les Ecossais, les Berbères, car tous les médias sont achetés.  Ceux qui ne le sont pas se détruisent mutuellement, par jalousie ou par sottise, passant leur temps à s’invectiver, et à empêcher les autres d’agir, ne comprenant pas que nous sommes tous sur le même bateau, et que c’est notre pays, notre identité, qu’il s’agit de sauver. Notre sort dépend de la jeune population, celle qui se sert des ordinateurs. Tous ceux qui tirent avantage de la situation se terrent dans le silence, par appétence pathologique pour les salaires et autre avantages qu’ils retirent de leur attitude, bien que TOUS, aujourd’hui, soient informés, grâce à vos blogs et à vos sites.

Louis MELENNEC.

 

LE BON DOCTEUR MELENNEC

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Le présent article est en cours de rédaction. Il n’ est pas terminé, mais est déjà opérationnel. Pour le rédiger, je suis contraint de « voler » au temps quelques minutes, chaque fois que je le peux, faute de quoi je ne pourrai le faire avancer. Il pèsera de plus en plus lourd lorsque les références seront mises en place : son poids va devenir écrasant. Car tout ceci fait voler en éclats les légendes que l’on a imposées à nos jeunes cerveaux dans les écoles de la « République » : savoir que les Bretons, selon l’histoire trafiquée, auraient demandé l’ « UNION » de leur pays avec celui de l’ennemi millénaire !!! Pire : que l’Union prétendue  avec notre chère France fut « UN MARIAGE D’AMOUR ». Ni plus ni moins !

Un lecteur de longue date m’écrit : « Le livre Bleu a ouvert une autoroute. Il y a deux périodes dans notre histoire récente : Avant et Après votre livre. La prise de conscience des jeunes est déjà très importante, chaque mois leur ouvre de nouvelles perspectives ». J’ai remercié ce lecteur, car les encouragements, comme je l’ai dit cent fois, ne sont venus qu’après de longues années, et d’abominables attitudes.

 

Le texte qui suit est, à mes yeux, aussi important que le LIVRE BLEU DE LA BRETAGNE. Pour éditer ce livre, il avait fallu reporter à plus tard d’y faire figurer les références et les extraits des archives. Le coût de l’impression l’exigeait. Ici, j’ai pris le temps de faire le contraire : accabler le lecteur d’extraits importants des archives bretonnes et européennes, afin de tuer toute contestation de la part des malveillants et des ignares. (Je ne parle pas seulement de Wikipédiouse, il existe bien d’autres vomisseurs sur la toile).

Je dédie ce travail à nos jeunes de Bretagne, qui sont en train de refaire notre histoire : LIBERER LE PAYS DE TOUTE INFLUENCE ETRANGERE MALEFIQUE – les autres influences sont les bienvenues, à condition qu’elles ne nuisent pas à notre identité, et à notre fierté rétrouvées;  car les Bretons sont citoyens du monde, et ouverts aux autres nations. Et à ce cher Pierre LEMOINE, héros national, sans qui le Livre Bleu n’aurait été ni écrit, ni publié : les autres, de la même génération, m’ont tous créé des difficultés inimaginables, et auraient empêché toutes mes recherches, s’ils l’avaient pu.

L’originalité du présent travail tient en ceci : au lieu de raconter l’histoire de la Bretagne comme le ferait un narrateur historien traditionnel, je me suis efforcé, au prix de très longues recherches – des années – de retrouver les lettres rédigées par les principaux acteurs du temps, les correspondances diplomatiques, les traités très nombreux conclus entre les pays concernés – la Bretagne, la France, l’Angleterre, le Saint-Empire, les principautés italiennes …. – , de telle sorte que si ce long article est bien de ma main, ce sont les acteurs du  temps qui le font vivre …..  Il faut donc lire avec la plus grande attention ce qu’ils ont écrit. Par ces documents, on est véritablement transporté dans l’époque, et ce sont ces acteurs qui font vivre les évènements sous vos yeux, comme si vous y étiez.

Ainsi, ce sont ces hommes et ces femmes qui vont vous permettre revivre, à travers leurs lettres, leurs déclarations, leurs correspondances, leurs accords, leurs désaccords et leurs traités officiels ou officieux, cet épisode honteusement caché de notre Histoire Nationale, les évènements lamentables que nous ont infligés nos voisins menteurs et trompeurs, et que TOUS vous ont dissimulé, y compris vos chers compatriotes universitaires : vous lirez en direct, comme si vous y étiez, notre duc souverain François II, le roi Charles VIII, sa soeur « régente » du royaume agresseur, le chef de nos armées bretonnes (le maréchal de Rieux), Louis d’Orléans, futur Louis XII, candidat à la main de la duchesse, Anne de Bretagne, et bien d’autres .. Il est  passionnant de lire les lettres de ces personnages, car elles sont strictement indiscutables.

Dès lors, aucune contestation de cette histoire si falsifiée n’est plus possible, y compris par l’université bretonne, sous influence marxiste pendant plusieurs dizaines d’années, et non encore libérée du discours orienté. C’est un très vaste pan de notre histoire nationale, preuves à l’appui, qui reprend sa juste place; c’est un souffle de liberté qui nous imprègne maintenant.

Sécurisez ce texte : le colonisateur est capable de TOUT.  En 1789 – l’année de la liberté (!) -, il avait détruit vos institutions, votre fiscalité si économe, insulté votre langue et votre identité, interdit l’enseignement de votre histoire, pour imposer la sienne  : c’est vous qui allez la lui imposer, comme une gifle. Et à tous ceux qui collaborent à continuer à la dissimuler.

Toutes les imperfections de style de cet article non terminé seront supprimées en leur temps.

 

LOUIS MELENNEC.

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Les Bretons étant privés de leur histoire, par les oukases de l’ « Etat français », il est nécessaire de revenir, avec toutes les preuves indispensables, sur cette effroyable guerre d’invasion, perpétrée par la France de Louis XI et de Charles VIII, qui a réduit en charpie, par des procédés ignobles, le Duché souverain et indépendant de Bretagne, pour le transformer en Etat-esclave, entièrement dominé par un voisin expansionniste, sans foi ni loi. Pendant seize ans, de 1498 à 1514, la duchesse Anne de Bretagne, aujourd’hui très haute figure de l’histoire mondiale, et pas seulement bretonne, a réussi à extraire son pays des griffes de l’envahisseur. Puis, ce fut la chute, dont nous ne sommes pas encore sortis – par la faute de ceux qu’on désigne en Bretagne sous le nom abusif « d’élus », qui sont tous des serviteurs du système, et qui n’y accèdent QUE par l’effet d’un système qui les coopte, à condition qu’ils soient dociles, c’est-à-dire couchés (…)

Cette histoire a déjà été écrite, par des historiens aussi éminents que Alain Bouchart, Dom Morice, Dom Lobineau, La Borderie, Pocquet du Haut-Jussé, Durtelle de Saint-Sauveur et quelques autres (voir ci-dessous la bibliographie). Mais tous ces auteurs n’ ont produit leurs oeuvres que sous la surveillance de l’étroite censure française, faute de quoi ils n’auraient pas été autorisés à publier une seule ligne. (…) Cette censure continue ses effets maléfiques par l’idéologie (les marxistes de l’université, essentiellement, dont les héritiers sont toujours en place en Bretagne), la lâcheté, l’ignorance abyssale (Wikimerdiouse, l’encyclopédie des erreurs, étant le plus brillant représentant de cette catégorie, au point que les historiens sérieux qui avaient tenté de collaborer avec cette officine, se détournent d’elle, assurés que leur travail va être « salopé », car telle est la  vocation des ignares qui se targuent d’être les « experts », les « contre-experts », ou les « surexperts » de cette étrange boutique ). … (…)

L’histoire s’écrit à plusieurs mains. L’auteur de la présente étude y apporte sa plume, son style clair et limpide, et surtout – étant juriste depuis plus d’un demi-siècle, reconnu tel, et dont honnêteté intellectuelle est intransigeante -, l’analyse juridique, au regard du droit national et international du temps, qui a échappé aux « hystoryens » traditionnels, surtout ceux qui, par crainte, par idéologie, ont eu peur de la vérité, principalement pour des raisons de carrière (1). Le droit est une discipline ardue, le droit médiéval encore davantage. Je rappelle ici que si je me suis spécialisé dans ce droit si particulier, c’est précisément pour pouvoir écrire l’histoire de la Bretagne médiévale avec le maximum de chances d’éviter les erreurs.

La Wikipédie, célèbre par ses experts, contre-experts, surexperts, véritables « censeurs-correcteurs », ignares vertigineux en tout, et manipulateurs malhonnêtes de surcroit,  est invitée à « pomper » abondamment dans l’ article qui suit, ce que d’autres feront aussi, selon un mécanisme universel : mieux vaut la copie servile que les inexactitudes insensées que l’on trouve dans ses « bavardages » truffés d’erreurs, confus et souvent faux, sur l’histoire de la Bretagne. Tous peuvent copier ou recopier mes articles, en totalité ou en partie : j’ai l’habitude; une seule condition, l’honnêteté intellectuelle : citer le nom de l’auteur et l’origine des sources. Wikipédiouse (encore dénommée « wikimerdia », ou « wikimerdiouse » est dispensée de cette obligation : le mot « honnêteté » ne figure pas dans son vocabulaire. (Je parle des ignorants qui se sont arrogé le droit de réécrire l’histoire de la Bretagne, qu’ils ne connaissent pas, non de ceux qui rédigent de bons articles – il en existe aussi ! -, c’est à dire ceux qui s’abstiennent de parler de l’histoire de la Bretagne).

Outre un appareil de notes et de références considérable – que je publierai ultérieurement – j’ai  inclu dans ce texte des extraits de lettres passionnantes, écrites par les parties directement en cause : le duc souverain de Bretagne, le roi de France, le roi de Rome, la dame de Beaujeu, soeur du roi, et les principaux acteurs du drame qui va se jouer et se joue en Bretagne. Pas seulement pour faire vivre ce texte comme si le lecteur s’y trouve, mais pour rendre indiscutable la rigueur extrême avec laquelle j’ai recomposé l’histoire de la Bretagne. Avant tout : pour couler définitivement ceux qui trafiquent cette histoire, par ignorance abyssale ( = Wikipédiouse), par complicité de carrière ou nullité (l’université), la mauvaise foi (les marxistes et les socialistes), l’intérêt financier (les « députés » et les « sénateurs »), dont aucun n’a dénoncé les crimes commis par la France en Bretagne, ni même évoqué leur réalité.

Ces documents, authentiques, sont la caution de l’absolue véracité du récit : grâce à eux, on se trouve véritablement au coeur de l’action : ce sont ceux qui les ont écrit qui ont fait l’histoire, non ceux qui tentent de la raconter, plusieurs siècles plus tard. Vous ne les trouverez dans aucun écrit des marxistes et des carriéristes qui ont falsifié et détourné notre histoire pour des raisons de carrière et d’idéologie  malfaisante.

Précision intéressante : les documents dont on dispose dans les archives ne sont pas, souvent, comme on le croit, des résumés, ou, comme on dit actuellement, des « digests ». Ils sont si nombreux, qu’on ne peut en citer qu’un certain nombre. Ils sont, pour certains d’entre eux, d’une telle longueur et d’une telle précision, qu’on est contraint de les abréger, à peine de se perdre dans des détails oiseux.. Je n’en cite que des extraits, mais j’en cite beaucoup. De plus, étant rédigés en vieux français, avec une orthographe souvent incompréhensible, j’use de mon autorité d’historien, instaurant une habitude  utilisée par nombre d’auteurs qui veulent se faire comprendre de leurs lecteurs,   pour les traduire en français moderne, dans un style fluide, en respectant de la manière la plus rigoureuse, bien entendu, leur contenu. Ainsi le lecteur n’aura pas à s’imposer une gymnastique intellectuelle ardue, pour comprendre ce que j’ai rendu très clair à son intention, à supposer qu’on puisse tout comprendre si on publie ces textes dans leur état d’origine  … (Je suis moi-même parfois contraint de les lire plusieurs fois pour être sûr de bien les comprendre; il faut, dans les cas difficiles, s’imposer une rude discipline pour décrypter certains d’entre eux, et pour rechercher la signification des mots qui ont disparu du vocabulaire français).

LES PRELIMINAIRES DE L’INVASION DE LA BRETAGNE PAR LA FRANCE.

LE PRETEXTE A L’INVASION : LA FUITE DES PRINCES FRANCAIS EN BRETAGNE, en janvier 1487.

Louis XI, avant son décès, transmet à son fils le dauphin Charles et à sa fille Anne de Beaujeu sa ferme volonté  que la France envahisse  la Bretagne lorsqu’il sera mort.

En 1487, année au cours de laquelle les hordes françaises  commencent à déferler sur le Duché souverain de Bretagne, Louis XI, l’universelle aragne (  = araignée) a laissé à son fils Charles VIII, et à sa fille Anne de France (dite de Beaujeu), un héritage terrifiant : envahir la Bretagne et la réduire, dès que son fils mineur sera devenu en état de l’entreprendre. Jusqu’à cette échéance, endormir le duc par des propos mielleux, lui laissant croire que des relations nouvelles sont nées lors de la mort du roi, le 30 août 1483. Puis, le moment venu, fondre sur la proie, et la détruire.

L’intention des Français est clairement connue à Nantes et en Bretagne : le roi de France ne s’en cache même pas. Les Bretons ont d’ailleurs – comme les Français – des « intelligences » dans le pays ennemi, ils sont donc informés de tout. Tout se qui se passe au conseil royal est connu à Nantes, et inversement, tout ce qui se dit au conseil ducal est transmis aux Français par ceux qu’il paye pour cela. Les espions sont partout, et très efficaces (La Borderie ..).

Il n’est pas de conflit, de contentieux, de chicanes que Louis XI n’ait tenté à l’égard de la Bretagne, tout au long de son règne. Nous avons explicité cela, longuement, dans un article précédent. Depuis l’arrivée de Louis XI sur le trône de France, la Bretagne vit dans la peur.

François II, homme noble et aimable, gentilhomme aimé de son peuple, est bonhomme. Pacifique et heureux de vivre, ne pensant qu’aux tournois et aux fêtes, il est loin d’être un foudre de guerre. Cependant, il a à son actif, avec son premier trésorier Pierre Landais – homme dur mais politique remarquable, au point que ceux qui connaissent son oeuvre le regardent comme le Richelieu breton -, non seulement des réformes hardies et bénéfiques, mais surtout d’avoir réussi, avec pour voisin une pieuvre expansionniste, à sauver l’indépendance de son pays pendant trente ans (Voir plus haut : portrait de François II).

Les deux souverains se sont  détestés. Louis XI, à cause de la fierté hautaine du duc François à son égard, qui n’hésite pas à le brocarder publiquement,  en raison de ses procédés méprisés de toute l’Europe (Sur ce point, voir surtout Thomas Basin, contemporain, auteur d’une volumineuse vie de Louis XI, écrite en latin). François  est particulièrement haï à la cour de France. Il a traité son voisin, ouvertement, de roi couard, accusation fondée, car les chroniqueurs du temp, en particulier Commynes), attestent du caractère peureux de Louis XI. (Louis XI fait allusion à cette insulte dans une de ses lettres, qui sera publiée ici dès que retrouvée; Louis XI ne combattra presque jamais à la tête de son armée, mais dirigera les opérations du fond de ses châteaux, contrairement à ses successeurs Charles VIII, Louis XII, François Ier). Non seulement les ducs de Bretagne sont royalement les égaux des rois de France, mais leur dynastie est plus ancienne que celle des descendants de Hugues Capet. (La mythologie bretonne fait descendre les ducs et rois de Bretagne de Brutus et de la ville de Troie – légende évidemment fausse -,  alors que les Capet n’arrivent que très tardivement sur la scène, à la fin du 10ème siècle; mais telle est la légende, tenue pour vraie à la cour de Nantes).

La haine de Louis XI à l’égard des Bretons est clairement décrite par Commynes – s’il en était besoin  : Louis XI a placé des garnisons le long des frontières bretonnes :

« La Bretagne, à qui il portait grande haine, était en paix avec lui, mais il  tenait (les Bretons) en grande peur et en grande crainte, par le grand nombre  de gens d’armes qu’il tenait logés en leurs frontières ..« 

(Commynes, Paris 1979, Gallimard Folio, page 500).

L’ « héritage » de Louis XI à son fils le dauphin est clair :  le roi  fait venir à son chevet le dauphin Charles, qui bientôt sera roi de France, et l’investit de la charge de conquérir la Bretagne, dès qu’il sera prêt à le faire:

 » Le roi (Louis XI) tâchait toujours à venir à fin ( = à détruire, à vaincre) la Bretagne, plus qu’à autre chose. Car il lui semblait que c’était chose plus facile à conquérir ( citation littérale), et moins bien défendue que n’était la Bourgogne …  » (Commynes, in Pélicier, 80)

Prudent, il met en garde le dauphin Charles,  avant de mourir, de ne rien faire pendant plusieurs années, car le fruit n’est pas encore mûr :

 » (Le roi) ordonna qu’on ne prit point de débat en Bretagne, et qu’on laissât vivre le duc François en paix, et sans lui donner doutes ni craintes,  .. afin que le (nouveau) roi et le royaume pussent demeurer en paix, jusques à ce que le roi  (Charles VIII) fût grand en âge pour en disposer à son plaisir« .

(Commynes, Mémoires, page 508).

Et, de fait, si le roi et sa soeur attendent le moment opportun pour fondre avec leurs armées sur la Bretagne,  ils s’entendent pour essayer d’ endormir le duc François II par des lettres hypocrites, pour lui faire accroire que la paix est revenue, ou qu’il peut l’espérer. Le roi Charles VIII, sous la gouvernance de sa soeur, va « commettre » de quasi lettres d’amour au duc François, pour tenter de le tromper. Alors que l’invasion du duché souverain est plus que jamais à l’ordre du jour, on ose écrire à François II que, s’il est attaqué, la France volera à son secours :

« Afin que le duc sache le désir et la bonne volonté que le roi a à son égard, il a chargé (ses ambassadeurs) de lui dire que lorsque quelqu’affaire lui surviendra, (le roi) le servira et le défendra avec tous ses gens d’armes et les seigneurs de son sang ( = les princes de la famille royale) ». Conseil royal tenu à Amboise le 5 avril 1484, Pélicier page 227).

A Nantes, on ne cultive pas la naïveté, on ne dort pas. On est parfaitement au courant des projets d’invasion de la Bretagne par la France. Le gouvernement de Pierre Landais – le « Richelieu breton » -,  agit, dans toutes les directions. Même si l’on se réjouit ouvertement de la mort du tyran Louis XI – comme partout ailleurs -, même si l’on espère des temps meilleurs, mille années de conflits violents avec la France ont instruit les Bretons de ce que sont leurs ennemis.

Le gouvernement breton est tellement au courant de la catastrophe qui se prépare, qu’il met en garde, après avoir averti toute l’Europe,  par ses ambassadeurs, le roi de France dans une lettre très ferme, le 30 décembre 1486 :

« Le roi , sur le rapport que le Duc était mort ( = une « fake » new, car le duc n’est pas mort !), sur la conseil de plusieurs personnes de son entourage, a déclaré qu’il avait l’intention de venir en Bretagne avec ses armées, pour s’emparer de la Principauté, et en priver et exclure mesdames les filles du duc, auxquelles, selon les lois de Dieu et de la raison, elle appartient, et à personne d’autre » (La Borderie, 529, Morice, Preuves, III 528-533).

Le gouvernement du duc envoie des ambassadeurs d’une manière répétitive  auprès de ses alliés, le principal étant le roi d’Angleterre Richard III. Les directives claires données à ces ambassadeurs bretons démontrent à quel point on est conscient du danger, et que l’on sait que l’échéance est seulement reportée :

« (L’ambassadeur de Bretagne) dira au roi (Richard III) la grande puissance de gens de guerre, d’artillerie et de finances que possède le roi de France; et que la proximité du royaume de France et du duché de Bretagne est telle, les deux pays étant jointifs terre à terre, sans qu’il y ait entre eux ni ruisseau ni rivière qui empêche ni ne puisse empêcher le roi de France d’entrer dans le duché de Bretagne, avec toute sa puissance. Et même si le duc a une bonne et grande puissance de gens de guerre et d’artillerie, il ne lui sera pas possible de porter longuement le faix ( = le poids) de la guerre contre une telle puissance, sans le secours du roi d’Angleterre, et ses autres parents et amis » (Letters and papers of Richard III and Henry VII, t. I, page 22).

Commynes ajoute cette remarque sur le sinistre état dans lequel le roi Louis XI laisse le royaume de France, ruiné par son règne :

« Le royaume avait besoin de cinq ou six ans de paix, car bien qu’il fût grand et étendu, il était bien maigre et pauvre ». (Idem, page 508).

On attend donc, à la cour de France, le moment opportun, ce qui ne va plus tarder. Et l’on s’attend le pire à la cour de Nantes.

On ne sait pas encore que ce sont des traîtres bretons qui vont fournir aux Français le prétexte de la guerre.

 

…………..

 

Le conflit violent des Beaujeu, fille et gendre de Louis XI, avec les princes français.

La transition du règne de Louis XI à celui de son fils se révèle périlleuse. Le règne cruel de Louis XI a dressé contre lui tout le royaume, mais aussi toute l’Europe. L’hostilité des grands seigneurs  français à l’égard du pouvoir royal ne date pas de 1487. Tous – ou presque – ont été écartés du pouvoir par Louis XI, tous ont eu à se plaindre de l’impitoyable règne précédent, qui marque le début de la monarchie absolue en France.  Ecrasés par le pouvoir royal, alors que  le roi Louis XI a nommé son gendre Pierre de Beaujeu chef de ses conseils depuis 1472, et que la femme de celui-ci, Anne de France, fille du feu roi, est étroitement associée à la direction des affaires du royaume, le couple gouverne de la même manière que le souverain défunt : avec une main de fer. Ils vont rétablir, en quelques années, un régime de monarchie absolue, écartant sans scrupule tout ceux qui s’y opposent.  Tous – ou peu s’en faut – sont hostiles aux Beaujeu, et souhaitent en être débarrassés, pour prendre leur place, mais aussi pour rétablir un régime plus consensuel. Si possible d’une manière définitive, avec les moyens qu’il faudra y mettre, y compris les plus radicaux.

En 1484, les princes mécontents des mesures prises par Louis XI, décédé le 30 août de l’année précédente, avaient déja constitué une ligue, regroupant les principaux d’entre eux. Il s’agissait, en réalité, d’un conflit de pouvoir : chasser les Beaujeu, s’emparer du roi, et ramener les princes au gouvernement.

Sous la pression des hauts seigneurs du royaume, les Beaujeu ont été contraints de réunir les Etats généraux,  à Tours, en 1484, quelques mois après la mort de Louis XI. Leurs travaux, très sérieux, ont été en tous points remarquables (Voir en particulier : Masselin …). Les députés, naïfs et de bonne foi, qui ne savent pas qu’ils vont être les jouets de la dame de Beaujeu, ont fait au pouvoir des recommandations sages, sur tous les points concernant les règles morales, les principes politiques d’une bonne gouvernance. Principalement, ils ont conseillé qu’on les réunisse tous les deux ans – afin de contrôler les actes principaux du gouvernement, là où Louis XI ne supportait aucune contradiction -, et surtout qu’on leur défère la prérogative de voter les impôts également tous les deux ans, afin que leur fixation échappe à l’arbitraire royal. Ils ont travaillé, réfléchi, exprimé leurs convictions par écrit et verbalement, mais ils n’ont pas osé  aller plus loin : les Etats généraux de France, contrairement aux Etats de Bretagne, n’ont aucun pouvoir de décision : convoqués à la seule initiative du roi, ils peuvent le conseiller, lui faire des recommandations, mais rien d’autre; en sujets habitués à obéir, les députés  ont proposé, mais n’ont donc rien imposé; les Etats généraux ont d’ailleurs été dissous par les Beaujeu, dès après avoir obtenu d’eux ce qu’ils voulaient en obtenir.

(Il faut ici rappeler avec fermeté,  les règles du gouvernement pondéré qui  sont appliquées par le pouvoir ducal en Bretagne depuis longtemps : la monarchie bretonne est une monarchie constitutionnelle et représentative. En Bretagne, ce sont les Etats qui font la loi et votent le budget, tous les deux ans; dans toutes les affaires importantes, le duc peut seulement soumettre les textes rédigés par ses conseillers à leur approbation (Marcel Planiol, tome 3, pages 51 et suivantes); les deux systèmes de gouvernance sont opposés, d’une manière radicale : le gouvernement de Louis XI instaure l’autocratisme et la monarchie absolue; la Bretagne, au contraire, est un régime quasi- démocratique – si cette expression n’est pas trop exagérée pour l’époque -; en tous cas un régime qui recherche le consensus de la nation, là où la monarchie française de Louis XI a établi un pouvoir écrasant et vexatoire, héritage qui sera repris par sa fille, puis, après l’éclaircie de Louis XII (1498 à 1515), rétabli avec fureur par François Ier… En avance de plusieurs siècles sur la France , la Bretagne va sombrer dans un régime absolutiste après l’annexion de 1532).

(Pour ceux qui ne connaissent rien du régime politique de la Bretagne sous nos ducs souverains, on lira et on relira mes nombreux articles publiés sur la toile, à défaut d’avoir eu accès aux médias subventionnés tenus par ceux qui détiennent les revues, mais qui sont maintenant en perdition de pouvoir imposer la doxa mensongère sur cette époque. En particulier : La constitution bretonne au moyen âge sous les ducs souverains de Bretagne, et L’hommage des ducs de Bretagne).

La nouvelle ligue de janvier 1487 procède des mêmes causes que la précédente. Non seulement les Beaujeu, gendre et fille de Louis XI, sont toujours dans la place, mais, avec une habileté peu commune, ils ont réussi à renforcer leurs positions depuis les Etats généraux de 1484. Notamment, ils se sont entourés de leurs « clients » obéissants, et ont écarté tous les autres.

En dehors du trio qui gouverne à Amboise – Anne de France, son mari Pierre de Beaujeu, et, dans la pénombre, le jeune roi Charles VIII, âgé de 16 ans, immature et jouet entre les mains de sa soeur -, la famille royale est loin d’être unie. Tous se détestent : intérêts personnels obligent; surtout, l’atmosphère délétère qui y règne depuis Louis XI, grand névropathe qui n’aima jamais ni sa femme, ni ses enfants – qu’il ne voyait presque  pas -, ni ses cousins, ni aucun de sa parentèle, empêche ce monde d’avoir une vie normale.

Louis XI, avant de mourir, voulant perpétuer son oeuvre, a désigné Pierre de Beaujeu comme tuteur du jeune prince (3), et a ordonné à son fils Charles, encore héritier présomptif, de lui obéir. Celui-ci est timide, craintif, et redoute – non sans raison -, sa terrible soeur. Les Etats généraux de Tours, en 1484, ont décidé que la garde du roi doit être confiée à sa soeur Anne de France, celle-ci ayant été jugée la personne la plus qualifiée pour veiller à ses intérêts …. et à la survie de ce jeune homme malingre et fragile. Ce qui est juste : si Louis duc d’Orléans, héritier de la couronne, en sa qualité de plus proche parent de Charles – qui ne se mariera qu’en 1491, et n’aura d’héritier mâle qu’en 1492 – , avait obtenu la garde du prince, comme il le souhaitait, n’y aurait-il pas eu à craindre qu’ il aide celui-ci à mourir plus « rapidement », pour entrer en possession du fabuleux héritage, la couronne royale de France ? Cela s’est vu maintes et maintes fois dans le passé, que des tuteurs à héritage « hâtent » le cours naturel des choses (4).

Sous prétexte d’avoir la garde du prince, les Beaujeu l’ont isolé du monde. Ils ont dressé autour de lui un véritable « cordon sanitaire » ». Personne ne peut l’ approcher, sauf avec leur consentement. La situation est très anormale, la monarchie française ayant toujours été très accessible à ses sujets (5). Ils vivent habituellement dans la forteresse d’Amboise, et dans d’autres lieux fortifiés (Melun, Vincennes, Montils-les-Tours …), quasi imprenables, et gouvernent en son nom. Ils ont conservé un certain nombre des créatures du roi Louis XI, et pourvu les postes importants par les leurs. Bien sûr, le roi, majeur depuis 1484, âgé de 16 ans, y trouve avantage, et est largement  consentant à cette situation, à cause de sa paresse et de son incapacité à gouverner, soulignée par les ambassadeurs italiens dans leurs correspondances diplomatiques; il est immature, et on ne lui laisse pas le choix d’entrevoir que c’est à lui de prendre les affaires du royaume en mains, non sa soeur et son beau-frère. Il est notoire qu’il craint et redoute sa terrible soeur, qui exerce sur lui une surveillance étroite et constante. (Lors de son sacre, à Reims, relate avec éloquence la crainte que lui inspire sa sœur) (6).

Le principal ennemi des Beaujeu, le plus puissant, celui derrière lequel tous se rangent, n’est autre que le  duc d’Orléans, le futur Louis XII. Ce jeune homme fougueux, souriant, plein d’humour, bon vivant, séduisant, aimé des dames, est loin d’être honni de la population, comme le sont les Beaujeu. Il est en relations étroites avec les autres comploteurs du royaume, se réunit avec eux, et échange des correspondances qui ne laissent aucun doute sur ses intentions de s’emparer du pouvoir, avec leur concours.

Déjà en 1486, excipant de sa qualité de futur beau-père du jeune Charles VIII (7), Maximilien, roi de Rome, futur empereur du Saint-Empire, et futur mari d’Anne de Bretagne, avait admonesté le jeune roi dans des termes sévères, demandant que l’on chasse du pouvoir ceux qu’ils considérait, lui aussi, comme des usurpateurs :

« Ce qui est pire, vous avez soutenu et entretenu lesdits seigneurs et la dame de Beaujeu, et vous les maintenez au gouvernement qu’ils ont de votre personne, ignorant les choses qu’ils ont faites et qu’ils font quotidiennement à votre préjudice et à celui de votre royaume, en raison de la faible expérience de votre jeune âge. Car ils tiennent vos serviteurs et leurs sujets, de telle sorte que personne n’ose vous dire la vérité ….  Et parce que ces choses nous touchent fort, tant à raison de votre mariage avec notre fille (Marguerite) que pour l’amour que nous avons pour vous, … nous vous demandons de ne plus croire aux conseils du seigneur et de la dame de Beaujeu, et que vous ne leur donniez plus le gouvernement et l’autorité qu’ils ont eus jusqu’à présent dans votre royaume … » (Bruges, 31 juillet 1486, in Pélicier, page 259).

En cette fin de 1486, plusieurs seigneurs français forment un complot contre Anne de Beaujeu, détestée de tous, et considérée comme une usurpatrice. Le 13 décembre 1486, les princes signent un traité de confédération, visant à chasser la Beaujeu et ceux qu’elle a installés dans la place. (Chombart,  page 200).

Le duc Louis d’Orléans, en sa qualité de premier prince du sang, beau frère de Charles VIIII, et toujours âprement candidat à gouverner le royaume, est le chef de la conspiration : à cette époque de sa vie, d’ailleurs, il aime les complots, c’est lui qui donne les ordres. Mais c’est le comte de Dunois qui en est l »âme. Eternel conspirateur, ce seigneur, selon d’Argentré,  est « un homme de haut vouloir, de grande entreprise et d’exécution, hardi, vaillant et homme de conduite » page 951, ch p 201).

Dunois est né en …Son père, l ‘un des hommes importants de son temps, est le bâtard du duc Louis d’Orléans .. Sa mère est marie d’Harcourt ..Fidèle à Charles VII, puis à Louis XI, son père il a été couvert par ces deux rois d’honneurs, de titres, de terres . Au moment des faits, le comte de Dunois est l’un des puissants seigneurs du royaume. Il a été exilé par le pouvoir royal dans le comté d’Asti (e), en Italie, où il s’ennuie fort. Sans avoir demandé l’autorisation au roi, il revient en catimini en France, et s’installe à Parthenay, ville proche de la Bretagne, distante de Clisson seulement de quelques lieues, et de Nantes. (Chombart page 200). Cette ville fortifiée lui appartient. Cette proximité avec le duc de Bretagne inquiète la cour. On lui ordonne de se retirer en Normandie : il refuse.

Les autres principaux du complot se dévoilent peu à peu. L‘évêque de Périgueux, grand aumônier, Geoffroy de Pompadour, Georges d’Amboise, Philippe Commynes  sont arrêtés. Louis d’Amboise parvient à s’enfuir. Commynes, seigneur d’Argenton, l’un des principaux conseillers de Louis XI, qui a laissé de si admirables mémoires, précieux pour la compréhension de cette période, arrêté à la fin du mois de janvier 1487, est enfermé dans une cage de fer pendant six mois, dans le sinistre donjon du château de Loches. Puis, il est transféré à Paris, et emprisonné à la conciergerie. Il ne sort de prison qu’en mars 1489, et rentre en grâce, après avoir fait sa soumission (8).

Les raisons et les griefs invoqués à l’encontre des Beaujeu par les ligueurs sont très clairement et très vertement énoncés dans plusieurs lettres, précieuses pour la parfaite compréhension des évènements, rédigées par Louis d’Orléans, mais aussi par Maximilien, roi de Rome, qui excipe de sa qualité de futur beau-père de Charles VIII, marié par parole de futur avec sa fille Marguerite, et qu’il appelle « mon fils ». Les confédérés se gardent de révéler toutes leurs intentions : il ne s’agit pas seulement de participer à l’exercice du pouvoir, pour le bien du royaume et des sujets du roi – ce qu’ils mettent en avant haut et fort -, il s’agit aussi d’en partager les fruits, en termes communs, de partager le gâteau. Celui-ci est immense : il s’agit du royaume tout entier, c’est un programme  alléchant.

Plusieurs lettres très fermes, très dures même, fort peu diplomatiques, datées de 1485, 1486, du 10 janvier 1487, reprochent à Anne de France  d’avoir violé les recommandations des Etats généraux de 1484, de retenir sous sa coupe le jeune roi malgré lui, de gouverner en ses lieu et place, de ne pas consulter les forces  vives  de la nation, et d’accabler le peuple d’impôts injustes. 

Louis d’Orléans ne se contente pas de reproches virulents à la « régente » sa belle-soeur. Il a formé le projet d’enlever le jeune roi, pour la seconde fois – une première tentative ayant eu lieu en 1484, après la mort de Louis XI -, prétendant que l’influence d’Anne de Beaujeu sur Charles VIII est maléfique, et de ruiner ainsi son influence (9). (Pélicier 125). Il ne s’agit pas d’attenter à ses jours, mais d’une stratégie réfléchie : car qui aura la garde du roi aura le pouvoir que détiennent pour le moment les Beaujeu. Comme l’écrit Saint Gelais « s’il fût venu à succès de son entreprise, il eût gagné le jeu ». 

Déja, lors des Etats généraux, le duc avait fait lire publiquement devant les députés, par Pierre de Luxembourg, évêque du Mans, un message menaçant, mettant en garde – sans les nommer -, la « clique » au pouvoir, dans des termes d’une extrême dureté :

« Les princes vous conseillent de bien prendre garde en quelles mains vous mettrez la personne du roi et l’administration du royaume …. Chassez hardiment de la cour des hommes durs et impitoyables, engraissés du sang des malheureux .. »

Voici quelques extraits de ces lettres étonnantes. L’une d’elles, écrite à Nantes le 10 février 1487, est particulièrement remarquable, par sa précision et son caractère direct, qui attaque les Beaujeu dans des termes violents, mais dans un style d’une correction parfaite, étant adressée au roi. Au nom des princes et des seigneurs confédérés, le duc d’Orléans invoque plusieurs raisons, d’ailleurs cohérentes, et très largement justifiées :

 La séquestration du roi. Le duc reproche ouvertement à sa sœur Anne de Beaujeu de le séquestrer (9) : (Pélicier, 266)

« Certains de ceux qui entourent votre personne, par leur damnable et particulière témérité, ont osé usurper et entreprendre le gouvernement de votre personne; et non contents de ceci, ils ont passé outre jusqu’à chasser d’auprès de vous les princes et seigneurs de votre sang … »

« Nul ne peut se tenir en sûreté autour de vous pour vous servir, s’il n’est de (leur) intelligence ».

Plus brutale est l’accusation portée contre sa sœur de vouloir le tenir en sujétion au dela de sa majorité, et d’empêcher quiconque de l’approcher – ce qui est vrai :

« Ce serait chose dure à supporter, … que votre personne fût en la sujétion de Madame de Beaujeu, votre sœur, laquelle, sous le prétexte d’une coutume qu’elle dit exister dans certains lieux de votre royaume, qu’une sœur âgée de douze ans (de plus?), peut tenir en bail son frère jusques à vingt ans, car ce faisant, elle veut vous tenir en bail, et avoir le gouvernement de votre personne et de votre royaume » .

Le non respect des recommandations des Etats généraux de Tours.

« Les ordonnances que vous avez faites (à la suite de la réunion des trois Etats de votre royaume) ont été mal gardées et observées et, qui plus est, entièrement annihilées et corrompues par certaines personnes qui sont auprès de votre personne .. »

L’exclusion des hauts seigneurs du royaume du gouvernement des affaires de l’Etat ..

« Ils sont allés jusqu’à chasser d’auprès de vous les princes et seigneurs de votre sang … et pour être mieux à leur aise, ils brident les princes et les tiennent en sujétion »

L’augmentation très importante des impôts mis à la charge de la population

« Ayant la force de votre royaume entre leurs mains, Ils ont imposé plusieurs grandes, excessives et insupportables tailles et exactions sur le pauvre peuple, lesquelles ne répondent à profit à aucun de ce royaume .. »

Plus grave, mais sans aucun doute justifié : le détournement des fonds publics par la « régente » et par son mari.

Que les Beaujeu aient largement puisé dans les caisses de l’Etat n’est sûrement pas une accusation gratuite. Anne de Beaujeu, le fait est avéré, est avare, avide surtout, et n’en a jamais assez. Son obsession, durant toute sa vie, est de travailler sans cesse à sa prospérité et à son enrichissement personnel. Elle n’est certes pas la seule à puiser dans les deniers publics. Tous dans le royaume sont peu ou prou, d’ailleurs, dans cette situation : la corruption est générale à cette époque. Mais c’est elle qui détient le pouvoir, qui fixe le montant des impôts, et qui se sert la première.

Les princes qui fomentent le complot contre les Beaujeu, sont sans doute aussi avides qu’eux, la corruption et l’achat des consciences font partie des moeurs de l’époque.

Mais les reproches formulés dans ces lettres sont justes : Louis XI a établi en France une monarchie absolue,  plus qu’arbitraire, et d’une cruauté sans égale depuis les Mérovingiens; les Beaujeu appliquent largement les mêmes procédés – cruauté physique en moins, celle-ci étant laissée aux soins de leurs armées. Louis d’Orléans est largement sincère. Lorsqu’il deviendra roi, en 1498, il se montrera à la hauteur de ses devoirs de roi, et gouvernera avec sagesse et douceur.

 

Bibliographie sommaire

Argentré Bertrand d’, page ..Bouchard, pages … Chombart de Lauwe, pages 198 et suivantes. ….Commynes page … Grotius, page … Jaligny, pages 13, 14, 15, 506. La Borderie, Histoire, IV, page Lepage et Nassiet, page …  Lobineau, Texte, pages 762 et suivantes. … Preuves, page Luchaire, page ….. Morice, Texte page … Preuves ..  ..Olivier-Martin, page ….. Pélicier, 227….Pocquet du Haut Jussé, …..Timbal et Castaldo, édition de .. page

 

 

Note importante sur la réunion des Etats généraux de Tours de 1484.

Sous l’effet de la pression générale – en particulier des princes du sang, au premier rang desquels le duc Louis d’Orléans – les Beaujeu sont contraints de convoquer les Etats généraux du royaume. La mort de Louis XI, détesté, a fait naître des espoirs partout. Les Etats siègent à Tours, du 7 janvier au 14 mars 1484. Le duc souverain de Bretagne n’y délègue aucun député, son pays étant strictement distinct de la France. En revanche, il y envoie des ambassadeurs. Anne de Beaujeu a soigneusement préparé le terrain, avec une extrême habileté, promulguant de mesures « démagogiques », purement provisoires, plaçant ses hommes partout où elle le peut, licenciant plusieurs milliers de soldats, révoquant les dons excessifs faits par le roi  Louis XI .. Ce qui lui assure des sympathies. Les Etats sont le siège d’une violente lutte pour le pouvoir, opposant Louis d’Orléans (le futur Louis XII), et Anne de Beaujeu, soeur du roi. Le prince Louis, héritier potentiel du trône, et plus proche parent du roi, encore mineur, revendique la régence, comme devant lui revenir de droit. La Beaujeu l’emporte : elle use de ruse et de modestie, professe des sympathies à l’égard du peuple, flatte les députés, alors que le prince, fougueux, ordonne et tempête, ce qui est mal perçu.  Les députés font plusieurs recommandations :

  • Le roi, comme par le passé, présidera le Conseil, et expédiera lui-même « toutes lettres patentes, règlements et ordonnances ». En d’autres termes, il reste au centre du « système ».
  • Le duc d’Orléans présidera le Conseil, mais seulement en l’absence du roi.
  • La garde du roi est confiée à sa soeur – désignée par des périphrases transparentes. En d’autres termes, ayant la garde du roi, celui-ci étant censé être le maître de tout, c’est évidemment sa soeur qui va gouverner à sa place, en lui suggérant, ou en lui imposant toutes les décisions importantes à prendre !
  • Aucun régent n’est désigné. La majorité du roi va simplement être avancée de quelques mois.
  • Les députés demandent à être désormais consultés tous les deux ans (comme en Bretagne !), de manière à exercer le pouvoir de contrôle, qui, a suggéré habilement Philippe Pot, créature des Beaujeu, appartient « au peuple qui a d’abord élu ses rois, qui leur a confié toute l’autorité dont ils se trouvent revêtus …etc . » (sic !)
  • Ils demandent aussi à être consultés tous les deux ans sur les questions financières, et que l’on réduise les les taxes aux douze cents mille livres « payées par le royaume au glorieux Charles VII », grand père du roi. En d’autes termes, qu’on « effonfre » les prélèvements fiscaux des deux tiers !

Les beaujeu sortent vainqueurs de ce tournois, et vont le montrer : ils n’apliqueront aucune des sages réformes conseillées par les Etats, et vont gouverner en maîtres absolus, comme le feu roi Louis XI.

 

Bibliographie sommaire

Argentré Bertrand d’, page .. Chombard de Lauwe, page ….Commynes page … Grotius, page …  La Borderie, Histoire, IV, page Lepage et Nassiet, page …  Lobineau, Texte, page … Preuves, page Luchaire, page ….. Morice, Texte page … Preuves ..  ..Olivier-Martin, page ….. Pélicier, pages 128, 129, 130…..Pocquet du Haut Jussé, …..Timbal et Castaldo, édition de .. page

BIBLIOGRAPHIE 

 

LA FUITE DU DUC LOUIS D’ORLEANS A LA COUR DE NANTES-EN-BRETAGNE.

Au début de l’année 1487, la situation est devenue explosive. Les Beaujeu et le duc Louis d’Orléans sont plus que jamais des ennemis féroces. Les Beaujeu, qui ont intercepté des lettres des conjurés – ils en intercepteront bien d’autres, étant très « outillés » pour cela -, prennent peur : il faut agir,  et neutraliser Louis d’Orléans, leur beau-frère. Ce n’est pas, entre eux et les révoltés, un simple conflit de pouvoir, mais un combat à mort, une lutte de gladiateurs. Ils adressent au duc d’Orléans, au nom du roi, une convocation à se présenter à Amboise, le 10 janvier 1487, où siège la cour. C’est un ordre royal, impossible de s’y soustraire, donc. Le maréchal de Rohan-Gié – ce breton transfuge qui s’est placé sous les ordres de Louis XI de longues années auparavant, et qui a fait une fortune colossale au service des Français -, est chargé d’aller lui faire sommation, et de l’amener par tous les moyens. Louis promet de venir. Mais le lendemain, sachant que ses jours – en tous cas sa liberté – sont menacés, il s’enfuit en direction de Nantes, où il est attendu. En quoi il a raison : après la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, alors qu’il est l’héritier du trône de France, il sera emprisonné par ordre des Beaujeu, dans des conditions humiliantes et d’une extrême dureté, pendant trois années.

Il fait une courte halte à l’abbaye de Fontevrault – sa soeur Anne en est l’abbesse -, et poursuit sa route. Les Beaujeu, très avisés, alertent un grand nombre de villes de sa fuite, et demandent, notamment, que l’on mette Angers en état de se défendre.

Louis arrive à Nantes le 13 janvier. Le duc l’accueille avec une grande chaleur, sachant que son pays est menacé d’invasion, et étant pratiquement seul pour défendre son duché, les principaux l’ayant quitté; Rohan, son propre beau frère, est allé trahir, consciemment, du côté des Français, avec ses vassaux, son frère de Quintin, et sa clientèle.

Coïncidence ? Un an plus tôt,  en février 1486, Anne, fille ainée du duc, et sa soeur Isabelle ont  été reconnues comme seules et uniques héritières du trône ducal par les Etats de Bretagne. (Lobineau .. Morice …). C’est donc Anne – si elle survit – qui est appelée à monter sur le prestigieux trône de Bretagne, tant convoité.

Une rumeur, insistante, se répand : Louis d’Orléans serait venu demander la main de la princesse Anne de Bretagne à son père. Bien qu’elle n’ait que dix ans, cette interprétation est hautement plausible. A l’époque, comme on le sait, les mariages à venir, même avec de jeunes enfants, sont prétextes à alliances entre les princes. Louis est marié depuis de longues années, avec la fille de Louis XI, la princesse Jeanne de France. Mais, cette princesse étant atteinte de diverses malformations, et ce mariage lui ayant été imposé par la force, sous peine de la vie, il n’a jamais caché son intention de demander son annulation, lorsque les circonstances le permettront. (Ce qui se présentera onze ans plus tard, en 1498, après la mort de Charles VIII. Je consacrerai un long chapitre à l’annulation de son mariage avec la princesse Jeanne de France). Anne de Bretagne a dix ans, elle sera donc « mariable » selon le droit canonique dans peu d’années – à douze ans pour être plus précis. Cette rumeur étant mal reçue à la cour de France, Louis d’Orléans croit indispensable de se justifier; ce qui démontre à quel point les Bretons et lui-même sont espionnés,  par une lettre du 27 janvier 1487 :

« Nous avons été averti que, depuis que nous sommes arrivé au pays de Bretagne, plusieurs personnes de divers états murmurent que nous n’y sommes venu que pour traiter notre mariage avec notre très chère dame et cousine, la fille ainée de notre très cher seigneur et cousin le Duc, et de notre très très chère dame et cousine la Duchesse …

Désirant de tout notre pouvoir que chacun sache les causes de notre venue, afin que notre dite dame et cousine (Anne de Beaujeu) et les autres n’aient cause de s’en mécontenter, nous avons déclaré et affirmé, … que nous ne sommes point venu en ce pays de Bretagne pour traiter ledit mariage, ni en espérance d’en parler ou d’y entendre .. » (in Pélicier page 128).

Cette lettre n’est évidemment pas sincère : le duc d’Orléans est bien candidat à la main de la princesse. L’important, dans cette missive, comme on le voit, est qu’il ne fait aucune allusion au roi dans sa lettre, qui est destinée à « Madame » : celle-ci est bien le chef occulte du gouvernement, à l’exclusion de tous autres : elle  est le véritable roi de France.

……………

Bibliographie sommaire

Argentré Bertrand d’, page .. Chombard de Lauwe, page ….Commynes page … Grotius, page …  La Borderie, Histoire, IV, page Lepage et Nassiet, page …  Lobineau, Texte, page 764 … Preuves, page Luchaire, page ….. Morice, Texte page … Preuves ..  ..Olivier-Martin, page ….. Pélicier,….Pocquet du Haut Jussé, …..Timbal et Castaldo, édition de .. page

 

LA CAMPAGNE DE GUYENNE : à la tête de leurs troupes, le roi de France  et sa soeur Anne de Beaujeu se mettent  EN CAMPAGNE CONTRE LE COMTE DE COMMINGES, allié des Bretons, pour s’emparer des places qu’il détient dans le sud-est.

Anne de Beaujeu aurait pu choisir une autre stratégie : envahir immédiatement la Bretagne, puisque telle est son intention depuis des années – pour ainsi dire depuis la mort de son père le roi Louis XI -, et qu’elle détient la force armée. Elle agit d’une manière plus subtile. Un certain nombre de places importantes dans le sud et dans le sud-ouest sont détenues par Lescun,  comte de Comminges et ses alliés, dont le seigneur d’Albret. Tous deux sont eux sont en étroits rapports avec Louis d’Orléans et avec le duc de Bretagne. Il s’agit, pour elle, d’anéantir ces seigneurs, pour les empêcher de porter secours aux conjurés.  La suite de la campagne va démontrer qu’elle a vu juste. Il n’y a aucune apparence que le roi Charles VIII ait été pour rien dans cette décision.

Le roi et sa soeur quittent Amboise le 14 janvier 1487. Ils sont à Poitiers le 17 février, à Lusignan le 22 février. Dunois, qui s’est enfermé dans Parthenay, qu’il a fortifiée, s’attend à les voir arriver sous les murs de sa ville. A sa grande surprise, l’armée passe plus au sud, à peu de distance, mais poursuit sa route. Il écrit, au mois de février à un gouverneur – qui n’a pas été identifié :

« Chacun espérait que Madame (Anne de Beaujeu) s’arrêterait ici, sur moi ( = à Parthenay). Toutefois, elle a passé outre, et a conduit le roi en Guyenne, pour défaire monseigneur de Comminges de son gouvernement de Guyenne, lui ôter les places qu’il tient, mais aussi pour défaire monseigneur le comte d’Angoulême et le sire d’Albret . Avec elle, elle a mené le roi en personne, qui est sa principale force … « (Pélicier, 

C’est fort bien vu et bien dit : personne ne va vouloir affronter les armées françaises, car le roi, personnage sacré dans son royaume, se trouve à leur tête; au moins en apparence. En réalité, la guerre n’est pas celle du roi,  mais celle de sa soeur. Dès le début de la campagne, elle est présente auprès du roi, et ne le quitte pas d’une semelle. C’est elle en réalité, qui dirige toutes les opérations. Discrète en apparence, parlant peu, elle décide et commande, ce qui apparaît dans les correspondances que nous allons citer. Elle écrit, mais sous d’autres signatures, en particulier celle du roi, qui apparaît avec son titre et son autorité, mais qui obéit sagement à sa sœur, qui a la prudence de rester dans l’ombre.

« Madame a mené le roi en Guyenne pour défaire monseigneur de Comminges … Dans cedit voyage de Guyenne, madame de Beaujeu, sa sœur, était toujours avec le roi, sans jamais l’abandonner, elle avait toujours le soin et la garde de sa personne, et il ne se faisait rien qui touchât le roi et le royaume qui ne fut de son su, de sa volonté et de son consentement » (Jaligny, Godefroi page 23 + ; Pélicier page 132 +)

Des lettres ultérieures, assez rares, mais très explicites, confirment que la dame inspire tout, dirige tout. Nous allons voir, à quelques indices sûrs, que jusqu’au mariage d’Anne de Bretagne, qu’elle a voulu et décidé, en 1491, elle sera présente partout, y compris dans la chambre de la malheureuse princesse, lorsque celle-ci, quasi-captive, vient, contrainte, épouser Charles VIII à Langeais, au mois de décembre 1491. La guerre de Bretagne et le mariage d’Anne sont son œuvre, en aucun cas celle de Charles VIII, poupée de cire que l’on met en avant, alors que pendant des années, il n’est pour rien impliqué dans les décisions que l’on prend en son nom.

La ville de Saintes, dans laquelle s’est retiré Odet d’Aydie, sénéchal de Guyenne,  frère du comte de Comminges, se rend sans combat.

Le 9 mars, deux mois seulement après avoir quitté Amboise, Charles VIII fait son entrée à Bordeaux, où il est bien accueilli.  Ce même jour, il écrit au seigneur Du Bouchage qu’il a obtenu l’obéissance des villes et châteaux de Bayonne, de Château Trompette, de Bordeaux, de Fronsac et de la Réolle (BN ancien fonds, fr 2923, fol. 6). Il demeure  à Bordeaux plusieurs jours. Il retire le gouvernement de la province et l’amirauté à Lescun, tandis que le comté de Comminges, qui lui appartenait, est réuni à la couronne. Le 30 mars, Le roi et sa soeur sont remontés vers  Parthenay, qui s’est rendue presque sans combat (lettre du 30 mars, adressée par Charles VIII à la ville de Reims, in Pélicier page 270). Dunois a quitté les lieux avant l’arrivée des troupes royales, et s’est enfui vers Nantes, où il est accueilli avec joie par le duc. Dunois, lui aussi, est apparenté à la famille ducale.

La campagne s’est déroulée avec la vitesse de l’éclair. Il n’y a pas eu de vraie bataille : la Guyenne est entre les mains du roi, Lescun a perdu toutes ses places importantes. Les villes ont fait leur soumission sans difficultés. La Beaujeu a réussi, en un temps record, à créer un « glacis » au sud de la Bretagne, jusqu’aux Pyrénnées.

Le 4 mai, le roi est à Laval. La Bretagne est encerclée, l’invasion  peut commencer.

Bibliographie sommaire

Argentré Bertrand d’, page .. Chombard de Lauwe, page ….Commynes page … Grotius, page …  La Borderie, Histoire, IV, page Lepage et Nassiet, page …  Lobineau, Texte, page 764 … Preuves, page Luchaire, page ….. Morice, Texte page … Preuves ..  ..Olivier-Martin, page ….. Pélicier,….Pocquet du Haut Jussé, …..Timbal et Castaldo, édition de .. page

 

LE COMPLOT DES BARONS BRETONS CONTRE LE DUC FRANCOIS II. LA TRAHISON DE CHATEAUBRIAND.

Une nouvelle catastrophe frappe la Bretagne en mars 1487. Un des faits les plus navrants de notre histoire nationale. Les plus importants vassaux du duc trahissent leur souverain une fois de plus. Cette trahison initie le long processus par lequel les Bretons vont devenir serfs de la  France, jusqu’à aujourd’hui.

(On ne peut s’empêcher d’évoquer ici, en guise de parenthèse, la dramatique trahison des « élus » « bretons », qui auraient dû démissionner en bloc en 2014, dans la tragique affaire de Nantes, et de sa réintégration dans notre territoire national. Nous allons y revenir, dans les conclusions de ce chapitre : ce ne sera pas tendre : il n’y a de pire crime que de trahir son pays ..)

Ce complot a pour cause essentielle la jalousie. Le duc, fatigué des manigances de ses vassaux – rappelons qu’ils ont assassiné le grand trésorier Landais, principal ministre, en 1485, ministre autoritaire certes, mais remarquablement efficace, et qu’ils l’ont trahi à plusieurs reprises dans le passé -, a introduit dans son gouvernement (le conseil ducal), plusieurs Français, qui y jouent un rôle  important : le prince d’Orange – qui est son neveu, le fils de sa propre soeur -; le duc d’Orléans, également proche parent, très influent; le remarquable comte de Dunois; le comte de Comminges; le cardinal de Foix, évêque de Vannes, beau-frère du duc par sa femme Marguerite de Navarre. Tous ces seigneurs ne sont sûrement pas des parangons de vertu – les moeurs de l’époque ne le permettent pas, mais ils sont très  expérimentés, et très habiles; s’ils ont fait ces brillantes carrières, c’est parce qu’ils ont su les conduire. Leurs qualités morales ne sont  pas d’un niveau irréprochable, loin s’en faut. Ils sont de leur temps. Du moins, une fois venus à la cour du duc, ils le servent, et resteront à ses côtés jusqu’à la fin.

Par envie et par jalousie, les barons et les hauts seigneurs bretons ne supportent pas la présence de ces étrangers, qui leur font ombrage,  et cherchent les moyens de les chasser. Ils se réunissent chez la très puissante dame de Chateaubriand, gouvernante d’Anne de Bretagne,  dans son château, pour aviser de la situation, et des moyens de s’en débarrasser. Les principaux du duché sont là : outre la dame de Chateaubriand, le maréchal Jean de Rieux, chef des armées, Jean vicomte de Rohan, principal seigneur du duché et beau frère du duc souverain, son frère Pierre de Rohan, seigneur de Quintin, …

En tout, plusieurs dizaines de seigneurs. La conspiration est donc importante (8).

La dame de Beaujeu, avisée de la situation par ses espions, et comprenant immédiatement le parti qu’elle peut en tirer, leur envoie en ambassade le sieur du Bouchage, et le cardinal-archevêque de Bordeaux, André d’Epinay, autre transfuge breton, débauché par Louis XI, jadis compromis dans l’assassinat de Gilles de Bretagne, et utilisé par Louis XI contre la Bretagne.

Jean de Serre (page 215) écrit : « Le roi trouve que c’est un bon expédient pour les pousser à s’entre-défaire eux-mêmes, afin de les écraser plus facilement ensuite. Dans cette intention, il leur envoie le cardinal de Bordeaux, et le sire du Bouchage, s’adressant à Rieux, maréchal de Bretagne. Il les charge de leur offrir des hommes et des moyens pur chasser les Français hors de Bretagne »

On leur promet, en effet, de les aider à chasser de Bretagne les « malveillants » du roi, en leur envoyant des hommes d’armes, après quoi,  la place étant nettoyée, les troupes « supplétives » rentreront en France avec leurs prisonniers.

Les termes de cet accord,  connu sous le nom de « traité de Chateaubriand », sont clairs, non ambigus :

 

  • Le roi, qui prétend avoir des droits sur le duché – nous verrons, démonstration juridique parfaite à l’appui, qu’il n’en a aucun -, ne formulera aucune réclamation quant à la succession du duc pendant toute la durée de l’expédition. Il mettra en sommeil ses revendications sur ses droits prétendus à la succession du duc François.
  • Les Français n’enverront en Bretagne que peu de troupes : 400 lances, et 4000 hommes de pied.
  • Le roi ne mettra le siège devant aucune des villes dans lesquelles le duc se sera retiré.
  • Il ne mettra le siège que devant les villes désignées par le maréchal de Rieux.
  • Les armées françaises ne pilleront pas le pays, et paieront à leur juste valeur tous les vivres  qui leur seront fournis.
  • Les armées, une fois capturés le duc d’Orléans, le comte de Dunois, le comte de Comminges et quelques autres, se retireront en France « sans difficulté ». (9)

Les barons et hauts seigneurs bretons, se comportant en véritables demeurés de l’esprit, sont tombés dans le piège tendu par les Français, qui ont menti, d’une manière grossière : se fiant à la parole de l’ennemi héréditaire, ils viennent de signer l’arrêt de mort du duché, comme on va le voir. La division et les querelles internes des Bretons l’ont emporté, une fois de plus. Cette fois, les conséquences vont être dramatiques : la situation ne pourra plus être maîtrisée, le glas de la Bretagne a sonné.

Cet épisode est l’un des plus sombres de l’histoire de la Bretagne : Rieux, chef des armées bretonnes, le vicomte de Rohan, beau-frère du duc, la comtesse de Dinan, gouvernante d’Anne de Bretagne, sont passés à l’ennemi, et vont combattre avec lui contre leur propre pays. Ceci dans le souci de leurs vulgaires ambitions, et leurs intérêts personnels.  Leurs sentiments bretons ne font pourtant aucun doute.  Leur but est de retrouver leur influence auprès du duc, en aucun cas de devenir Français, naturels du pays détesté. On est rétrospectivement effaré : c’est la maréchal Pétain  faisant avec Hitler non pas un armistice avec l’Allemagne – un armistice n’est pas une trahison, mais un simple accord de suspension des combats -, mais faisant cadeau des armées françaises à Hitler pour envahir la France ! Ce sont les « députés » et les « sénateurs » bretons faisant cadeau à la France de Nantes et de sa région en 2014 : 33 pour 100 de la richesse nationale de la Bretagne, pour de misérables « salaires » perçus, d’ailleurs, sur les contributions des Bretons, qu’ils ont trahis.

 

(Voir plus loin la déclaration musclée de la députée Le Callennec, interpellant violemment Jean-Yves Le Drian).

Un autre grand malheur frappe le duché, ce même mois de mars 1487 : le fils naturel du duc, frère adultérin de la princesse Anne de Bretagne, le bâtard d’Avaugour, dont il a fait le premier baron du duché, trahit au profit des Français.  Quelles raisons pour expliquer cette trahison surprenante, que certains auteurs qualifient d’odieuse ? (Chombard de Lauwe, page …)  On invoque trois principales : le duc a refusé que son fils épouse la soeur du vicomte de Rohan, son principal vassal, mariage qui aurait accru sa richesse, et sa nocivité, en renforçant ses prétentions à la succession de François II, alors même que ses demi-soeurs Anne et Isabeau ont été solennellement reconnues comme seules héritières en 1486 (10); le duc a, de surcroit, pendant un temps, refusé que son bâtard accepte le collier de l’ordre de Saint-Michel que lui propose le roi de France; enfin, des promesses alléchantes lui ont été faites par les Beaujeu. Il est vraisemblable qu’on lui a promis la succession de son père, lorsque celui-ci viendra à décéder, quoique sa qualité d’enfant illégitime l’éloigne absolument du trône breton (11).

(Nota.   FRANCOIS II, père d’Anne de Bretagne, répondant avec hauteur à son  » compère  » Louis XI, qui lui propose de lui décerner l’ordre de Saint Michel, qu’il vient de créer, lui dit, tout de go, qu’un Souverain aussi considérable qu’un Duc de Bretagne, ne peut se commettre au sein de cet ordre avec des seigneurs français, dont certains, à ses yeux, sont trop peu de chose (ceci est dit en des termes plus diplomatiques, mais d’une manière très claire); entre autres raisons pour refuser, il dit à Louis XI :  » Le Duc de Bretagne, qui A LA CHARGE DE TOUTE SA NATION, et qui (en raison de son importance), ne peut aller à la guerre sans (une) grande armée, et sans (une) grande compagnie ( = beaucoup de gens), car il mettrait en DANGER SA PERSONNE ET SON PAYS « .  Cette déclaration passionnante, très longue, rédigée par le gouvernement breton, est un véritable exposé de ce que sont la Bretagne, sa Constitution, et sa philosophie politique. Elle est publiée dans  Questions d’histoire de Bretagne, 107 ème congrès national des sociétés savantes, Brest, 1982, pages 207 à 227; elle est présentée par Philippe Contamine, professeur réputé d’histoire médiévale à la Sorbonne).

Seigneur de Clisson, par la grâce de son père – dont la formidable forteresse est encore conservée aujourd’hui -, il ouvre les portes du château aux armées françaises. Du coup, sans avoir livré le moindre combat, les Français sont en possession de toutes les forteresses principales du sud est de la Bretagne. Le duc envoie des hommes d’armes à Clisson, et le prive aussitôt son fils la capitainerie de Saint-Malo, qu’il lui avait attribué quelque temps auparavant (12)

(12)  Mandement de François II à tous les nobles et francs archers de l’évêché de Nantes de se rendre à Clisson pour y réduire le château dont le sieur d’Avaugour lui a refusé l’entrée, et où il a introduit des Français … (Pélicier page 133).

Nous ne sommes pas encore en 2012, lorsque François Hollande propose à des « Bretons » d’entrer dans son gouvernement. Mais le phénomène est de même nature. En 2014, ceux qui ont accepté cette offre indigne, se rendront coupables de l’une des plus grandes trahisons de l’histoire de le Bretagne.

BIBLIOGRAPHIE 

 

L’iNVASION DE LA BRETAGNE : LES FRANCAIS  ONT MENTI GROSSIEREMENT. ILS ABATTENT LEURS CARTES DES QU’ILS FRACHISSENT LES FRONTIERES BRETONNES

 

Tous pensent qu’à cette époque, seule la force commande et décide, et qu’il suffit qu’un prince possède une armée plus forte que ses voisins pour les envahir, et s’emparer de leurs biens et de leurs seigneuries.

Il n’en est rien. Le droit de la guerre et de la paix est en gestation depuis fort longtemps. Au moyen âge, contrairement à ce que l’on pense, les grands principes du Droit international sont déjà en place. On n’envahit pas un pays souverain n’importe comment, certainement pas parce qu’on possède comme seul argument d’avoir une armée plus puissante que celle de ses voisins. Il avoir une raison plausible, et juridiquement fondée au regard de la communauté internationale, pour déclencher la guerre, et mettre ses armées en action. Nous allons voir que ce n’est pas le cas dans cette guerre indigne d’invasion de 1487. Et que tous les pays européens concernés vont condamner dans des termes très sévères cette scandaleuse affaire bretonne (nous citerons les lettres des puissances étrangères en leur temps).

Dès le début, les Français abattent leurs véritables  cartes. Depuis des années, ils se tenaient prêts à envahir le duché. Les preuves de ce projet d’invasion sont surabondantes. Louis XI n’y était pas parvenu. Sa fille Anne de Beaujeu va le faire avec pertes et fracas, violant tous les engagements pris par le gouvernement français, sans en excepter un seul.

Nous allons démontrer ce que les jeunes Bretons, auquel ce travail est dédié, ce qu’il n’ont pu savoir, parce qu’on leur a interdit d’accéder à la vérité.

Les sots Bretons, se comportant comme des sots, leur ouvrent les portes du Duché, et mettent à leur disposition leurs forteresses et leurs soldats. Peut imaginer situation plus burlesque ?

Les armées que les Français déversent sur la Bretagne n’ont rien à voir avec le petit corps expéditionnaire promis. Au lieu des 4000 hommes envisagés, leurs effectifs atteignent rapidement  10000, puis, l’année suivante, 15000 soldats, soit quatre fois davantage. Ils trainent avec eux une puissante artillerie, très moderne, qui va se révéler très meurtrière. Au cours des années suivantes, les armées françaises, grossies des mercenaires suisses, vont atteindre 35000 à 40000 hommes, soit dix fois plus que ce qui a été juré à Chateaubriand ! Nous verrons aussi les sommes phénoménales que les Français vont dépenser pour réduire le Duché à merci.

Le commandement français est confié à trois soldats expérimentés : Saint-André, le comte de Montpensier, La Trémoille, marié quelque temps auparavant à la nièce de la dame de Beaujeu.

Les traîtres bretons leur ouvrent les portes de Chateaubriand – qui appartient à Françoise de Dinan, la gouvernante de la jeune duchesse Anne, qui a eu dix ans le 25 janvier de l’année -, et de la formidable forteresse d’Ancenis, qui appartient au maréchal de Rieux, le chef des armées bretonnes !

Mais au lieu de tenter de s’emparer des « malveilants » du roi, puis de se retirer en France avec leurs prisonniers, les armées françaises pillent, tuent, ruinent les fermes et les campagnes, violent les femmes. Bien entendu, aucune compensation ou réparation n’est versée aux victimes ni aux seigneurs concernés. Plusieurs d’entre eux, ayant pactisé avec l’ennemi, sont épargnés par la fureur des soldats français (plusieurs lettres en font foi). Pour les autres, c’est trop tard.

A Nantes, le duc François, abandonné par Rieux, chef des armées, organise dans l’angoisse la défense et la stratégie, avec son neveu Jean de Chalon, prince d’Orange,  – qui, il est nécessaire de le préciser ici à nouveau,  étant le fils de la soeur du duc, est l’héritier légitime du duché après ses cousines germaines Anne de Bretagne et sa soeur Isabeau -, et avec les seigneurs français qui l’ont rejoint, dont son proche parent le duc Louis d’Orléans, dont la valeur militaire et le courage sont  démontrés. Ces seigneurs sont français, certes, mais  plusieurs d’entre eux ont du sang breton dans les veines, par leurs alliances et leurs ascendants. Leur présence auprès du duc – surtout Orange -, est légitime.

Ni les Anglais, ni les Espagnols, ni les Allemands, tous alliés de la Bretagne n’ont encore envoyé de secours au duc François. Les seigneurs Français auxquels il donné l’hospitalité, tous fuyards, n’ont amené avec eux que des effectifs militaires  maigres et mal armés, et ont laissé tous leurs biens derrière eux, dans le royaume de France. Dans peu de mois, d’ailleurs, le roi de France va les faire condamner par sa justice, pour crimes de lèse-majesté, et faire confisquer leurs biens. La Bretagne va donc faire seule, avec ces maigres renforts, face à la catastrophe qui se dessine, désormais imminente.

Le duc à réuni ses armées à Malestroit. En apparence, il dispose d’ effectifs nombreux : près de 16000 hommes. Mais ce sont essentiellement des paysans de Basse-Bretagne, très mal armés, indisciplinés, et dont la plupart n’ont même jamais combattu ni vu un champ de bataille. Aucune comparaison avec les troupes françaises, remarquablement équipées, commandées par des militaires de métier, et habituées aux combats. Pour comble de malheur, un gentilhomme de Basse-Bretagne, le sieur du Méné – qui jadis aurait servi le roi étranger Louis XI -, convainc les troupes bretonnes, que le duc est manipulé et gouverné par les Français qu’il abrite, et que leur présence dans le duché va attirer la foudre sur le pays. Ce n’est pas vrai : la présence des Français à la cour ducale n’est en aucun cas la cause de l’invasion, c’est un prétexte. Mais les soldats amateurs bas-bretons se débandent, et regagnent leurs foyers. Les « armées » bretonnes fondent à vue : il ne reste bientôt plus au duc que 4000 hommes.

Les troupes françaises arrivent très rapidement au centre de la Bretagne. Ils mettent le siège devant Ploermel, qui n’est pas en mesure de résister. Les murs cèdent quasi immédiatement sous les coups de l’artillerie : carnage, viols, pillage, destructions … Nouvelle violation, donc, des promesses françaises.

Le duc, avec ses effectifs désormais faibles, va chercher refuge à Vannes, ville assez bien fortifiée – du moins le croit-on. Les Français se sont engagés à ne pas attaquer les villes dans lesquelles le duc  se sera retiré. Cette promesse est aussi fallacieuse que les autres. Les Français se dirigent à vive allure vers Vannes pour l’assiéger, et, pensent-t-ils, pour s’emparer du duc. Les nouvelles parviennent à Nantes, où le prince d’Orange est resté, pour diriger le duché en l’absence de son oncle. Il se transporte au Croisic. On arme dans la précipitation une flottille, qui navigue aussitôt vers Vannes. Le duc y embarque avec son entourage, laissant derrière lui ses « bagues » ( = ses affaires, ses bagages). Après deux ou trois jours passés au Croisic, il s’embarque à nouveau, cette fois pour se réfugier dans sa capitale : la ville très fortifiée de Nantes. Un climat de panique règne dans les rangs bretons, non sans raison. Le roi, persuadé que la destruction du duché est proche,  écrit à …

LE PRETEXTE TIRE PAR LA FRANCE DE L’ASILE DONNE AUX FRANCAIS. UN PRETEXTE FALLACIEUX, en aucun cas une raison légitime de guerre.

Le droit d’asile, même à l’époque où il n’est pas encore juridiquement codifié, fait partie de l’histoire du monde. Il existe, et est généralement respecté chez les princes chrétiens. L’église l’admet, y compris pour les criminels. Il est dans la nature des choses que les hommes menacés dans leur vie aillent chercher refuge là où on les protègera (13). Le plus souvent, il s’agit d’un pays voisin, ennemi du pays que l’on fuit. L’asile donné par les Bretons aux ennemis du roi de France et du roi d’Angleterre est donc traditionnel.  On en trouve les traces dès le 6ème siècle, chez Grégoire de Tours notamment. L’inverse est vrai : les Bretons menacés par le gouvernement ducal, s’enfuient – s’ils le peuvent ! – et, le plus souvent, se dirigent vers la France – ennemi traditionnel des Bretons, ou vers l’Angleterre, plus rarement en Espagne ou en Italie. Il n’est pas besoin d’aller plus loin, on s’y trouve en sécurité.

 

L’abbé Irail, dans l’introduction de son remarquable ouvrage sur Anne de Bretagne, qui pour l’époque, ne contient que peu d’erreurs, prétend que la Bretagne était, de tous temps, « l’azyle des persécutés » (14). Image flatteuse pour les Bretons, qui, en lisant cela, s’enorgueillissent de la générosité de leur pays, si prompt à ouvrir ses portes aux malheureux. Mais cette vision idyllique n’est exacte qu’ en partie. Il est exact que le duc a accordé l’hospitalité à des hôtes de marque : le propre frère de Louis XI, le futur roi d’Angleterre, d’autres encore (16). Mais le droit d’asile existe partout en Europe, pas seulement en Bretagne. … Et ceux qui nous lisent savent qu’en 2018, les historiens qui s’avisent d’écrire la véritable histoire de la Bretagne sont si péremptoirement exclus par les gens de la collaboration, qu’il ne peuvent s’exprimer que dans Internet.

La France de cette époque, donc, accueille aussi des « réfugiés », pour des raisons parfois morales, mais parfois illégitimes.

Mais les Français vont beaucoup plus loin, en tous cas sous le règne de Louis XI : de longue date, ils débauchent les Bretons qui sont susceptibles de les servir ….

Il y a, tout d’abord, les échanges de « bons services » entre alliés.  ..

……………..  (Ce chapitre sera enrichi plus tard : lecteur, patiente un peu !) (15).

Lorsque Arthur de Bretagne, qui deviendra plus tard le duc Arthur III, se voit proposer de devenir connétable de Charles VII, roi de France, ce n’est en aucun cas parce que le duc de Bretagne est le vassal du roi de France, c’est en vertu du contrat d’alliance qui existe entre les deux souverains de Bretagne et de France (voir le chapitre capital, publié sur la toile : Mélennec, l’hommage des ducs de Bretagne). D’ailleurs, il existe de fortes réticences en Bretagne à cette nomination, qui ne se fait qu’après d’âpres discussions et négociations : le duc, son chancelier, son gouvernement, les Etats de Bretagne sont sollicités, dans les formes légales et constitutionnelles : que nos « hystoryens » prennent bien note de cela, le duc n’accorde son aide à la France QUE de sa propre volonté (voir Planiol et l’article de Philippe Contamine …)

Note. En Bretagne, aucune décision politique importante n’est prise par le duc seul : dans tous les cas, il consulte son chancelier, son conseil, les Etats de Bretagne. L’acceptation des fonctions de connétable par Arthur, futur duc de Bretagne, a été préalablement discutée en Brfetagne, avant d’être acceptée par le duc Jean V; Cosnard, page 85; Morice I, 494; Preuves II, 1147).

La liste des Français venus demander asile au duc de Bretagne, en 1487,  est fort courte .. La liste des Bretons  qui ont été débauchés volontairement par Louis XI, est comparativement incroyablement longue…(17). Cela fait partie de la stratégie de ce personnage répugnant. Commynes expose comment cet homme diabolique, se tenant informé de tout ce qui se passe dans les pays voisins, connaît aussi les hommes de valeur qui s’y trouvent, et comment, au prix de la trahison à l’égard de leur pays, il les attire chez lui : par de l’argent, de l’or, des terres, des bénéfices, etc. La corruption des hommes de talent bretons fait partie du « système » de gouvernement de Louis XI, puis de sa fille Anne de Beaujeu, agissant au nom et sous couvert de Charles VIII son frère. Il s’agit d’attirer volontairement et consciemment des hommes du duc de Bretagne, pour se servir de leurs compétences et de leur situation éminente, à seule fin d’affaiblir le duché et de la transformer en une proie plus facile à conquérir.

Des noms très importants doivent être cités ici, pour démontrer à quel point l’accusation de la France de donner asile à quelques fuyards  est grotesque : La Borderie en cite de nombreux : Jean II de Rohan, beau-frère du duc, Tanguy du Chastel, grand maître d’hôtel, Yvon du Fou, Rolland de Lescouët, Pierre de Rohan, seigneur de Gié, Rolland de Pontbriand, André de Laval, maréchal de Lohéac, Olivier de Coëtivy .. Tous personnages très importants en Bretagne. Le témoignage de Commynes, sur ce point, est irréfutable : Louis XI faisait de la « prospection », comme un authentique « chasseur de tête », : « il connaissait toutes gens d’autorité et de valeur en Angleterre, Espagne, Portugal, Italie, Bourgogne et en Bretagne … «.  Il leur donnait très largement des fonctions, des terres, de l’argent, et, même rebuté, il revenait à la charge pour les convaincre de venir le servir, c’est à dire de trahir leur pays et leur prince naturel. Nous allons voir, un peu plus loin, que louis XI, puis sa fille, se sont même « attaqués » à des membres de la famille ducale, pour les précipiter dans la trahison. Parmi eux : Jean II de Rohan, beau-frère du duc, Jean de Chalon, prince d’Orange, neveu du duc et cousin germain d’Anne de Bretagne, plus répugnant encore : François d’Avaugour, fils naturel du duc et demi-frère d’Anne de Bretagne, Jean de Rieux, chef des armées bretonnes (!!!!) Plusieurs haut seigneurs bretons sont pensionnés par le roi de France : les chiffres de ces pensions ont été publiés maintes fois, à partir des travaux de Leroux de Lincy.

(Le procédé est toujours actuel : en 2014, .. parlementaires « bretons » votent le soi-disant « découpage » de la Bretagne, à seule fin de conserver leur siège, en violation de la volonté très affichée des Bretons de voir rétablir l’intégrité territoriale de leur pays, et de leurs promesses électorales; plus jeune, j’ai eu les confidences de plusieurs députés, dont celui de Hervé Nader, alors député de Quimper (voir ce nom par Internet), qui voulut que je lui succède, ce que j’ai refusé; cet homme honnête fut « viré » comme un malpropre, pour avoir voté la censure du gouvernement Pompidou, et ne fut pas réélu aux élections suivantes, ce qui était le but de l’opération (j’ai été le témoin direct de cette abominable affaire); Marylise Lebranchu a déclaré publiquement avoir été menacée par un premier ministre de se voir opposer aux élections un candidat qui empêcherait sa réélection; on sait aussi les pressions que subissent les maires pour les empêcher de donner leurs signatures lors des élections présidentielles, aux Le Pen, notamment. Etc. : un vrai pays des droits de l’homme !)

Le roi Charles VIII ment sciemment, donc, lorsqu’il invoque ce prétexte stupide de quelques Français qui ont trouvé refuge en Bretagne, pour faire entrer 10 000 hommes en Bretagne, pour amorcer la honteuse conquête du pays.

On ne trouve rien de comparable chez les Bretons, rien d’aussi choquant en tout cas; le duc François II a des principes moraux qui l’empêchent de recourir à des manoeuvres aussi basses  .. on se contente, en Bretagne, de donner asile à ceux qui fuient l’arbitraire français, mais on ne débauche pas .. Du moins d’après mes recherches à ce jour. (Je rectifierai si j’ai tort).

 

LA GUERRE INJUSTE, ET LA DUPLICITE DES FRANCAIS.

L’un des buts principaux de la présente étude est de démontrer, sans que personne puisse y contredire, tant les preuves sont accablantes, combien est grande la perversité des Français de cette époque. Et d’ouvrir enfin les yeux des Bretons sur ce qui s’est passé. Nous allons voir avec quelle duplicité les Français vont, année après année, non pas interpréter le droit – ce qui serait, somme toute, compréhensible, voire honorable -, mais le triturer, le distordre, le falsifier, pour lui faire dire ce qu’il ne dit pas. Ils seront aidés en cela par leurs juristes, fort habiles à forger des sophismes.

 

Le crime de préméditation.

L’invasion de la Bretagne par la France en 1487, est préméditée, et a été programmée plusieurs années avant qu’elle n’intervienne, bien avant la fuite des nobles français de haut rang qui ont demandé asile au duc François II, père d’Anne de Bretagne. L’asile accordé à ces Hauts personnages n’a jamais été la « cause » de l’invasion de la Bretagne, mais a constitué« LE » prétexte que la France attendait depuis longtemps.

On connait la thèse “officielle”, celle qui fut imaginée par la France pour justifier une guerre, interdite par le droit international et les principes moraux de l’époque, et qui continue à être utilisée par certains ignorants – comme on a pu le lire récemment encore dans certains sites internet : en 1487, l’héritier du trône de France, Louis d’Orléans, cousin et beau-frère du roi régnant en France, pays limitrophe mais étranger (Charles VIII, fils de Louis XI, décédé en 1483), mari de la fille de Louis XI (Jeanne de France), ayant fui en Bretagne pour mettre sa vie à l’abri de sa belle sœur, la redoutable Anne de Beaujeu, “régente” du royaume, entrainant avec lui quelques autres seigneurs, le roi Charles VIII ne pouvait que les poursuivre et les extraire de force du Pays Souverain qui leur avait donné asile, en prétextant – fait ridicule – que ce pays était vassal du roi de France, désobéissait à ses “devoirs féodaux”, et que les quelques réfugiés, venus sans troupes et sans armée, mettaient le royaume en péril !

Cette thèse, encore enseignée par les docteurs et agrégés de la collaboration (il existe des agrégés comme des médias de cette nature) est strictement fausse. L’histoire des tentatives de conquête et d’asservissement de la principauté de Bretagne – les petites principautés d’abord, le royaume ensuite, le Duché enfin – est la substance même des relations de la Bretagne et des royaumes des Francs, puis de la France.

Il est difficile, dans cette longue histoire, d’identifier avec certitude une seule période où les deux Pays de Bretagne et de France ont été unis par des liens d’amitié. Ils ont été alliés souvent, par pure nécessité, ils se sont détestés toujours, plus encore aujourd’hui, après la destruction quasi totale de la langue nationale des Bretons, de leur culture, les discriminations et des humiliations de toutes natures qu’ils ont subies à partir de 1789, dont la dernière – aux conséquences incalculables – a consisté en la volonté affirmée de la France de néantiser la langue, par la volonté affichée d’empêcher, par des obstacles de toutes natures, de pérenniser son enseignement, alors même qu’il est devenu l’un des symboles les plus forts de l’Identité bretonne.

NB. L’enseignement de la langue bretonne en Bretagne est un cache misère lamentable, mis en place par la France pour tromper les naïfs : plusieurs milliers de locuteurs disparaissent chaque année, plusieurs centaines seulement sont formés complètement pendant le même temps, en quasi pure perte : immergés dans un monde totalement francophone, ils ne parleront leur langue nationale que très occasionnellement. Il s’est d’ailleurs heurté à des oppositions lamentables dans le pays des « droits » de l’homme, dont lestémoignages sont maintenant – grâce à Internet – publiés. Jean Dutourd, membre de l’Académie française : «  Créer un CAPES de breton ? Pourquoi pas, pendant qu’on y est, un CAPES de mendicité ? Honte à ceux qui se taisent).

(Lire sur la toile : Mélennec Le Drian, injures anti-bretonnes, etc).

Les Français mentent d’une façon grossière lorsqu’ils prétendent que l’invasion de la Bretagne, en 1487, est motivée par le fait que l’asile donné aux nobles français par le duc François II est la cause du déferlement des armées françaises sur la principauté. Leur but, depuis des années : s’emparer de la Bretagne et l’asservir.

Nous avons dit ailleurs que, contrairement à ce que croient beaucoup de lecteurs, il existe, au Moyen Âge, un droit international, en particulier, depuis longtemps, des conditions en principe rigoureuses pour qu’une guerre puisse être déclenchée. Toute guerre qui ne se conforme pas à ces principes est qualifiée d’« injuste ».

La théorie de la guerre juste (19)

La théorie de la guerre juste n’est pas – comme le croient certains – une théorie récente ou formalisée tardivement mais, au contraire, une idée très ancienne de l’humanité civilisée. Ce n’est, en aucun cas, un concept inventé par le pape Jean Paul II pour condamner les Bush père et fils d’avoir donné ordre aux armées américaines d’envahir l’Irak, en 1991 et en 2003, à seule fin de s’emparer des richesses pétrolières de ce pays, en violation manifeste du Droit international.

Sans vouloir en faire remonter l’origine au Code d’Hammourabi, qui condamne la violence exercée par le fort sur le faible (20), elle est déjà évoquée par Cicéron. On admet qu’elle a été codifiée par Saint Augustin (21)). De nombreux théoriciens se sont préoccupés, après lui, d’en définir les contours, notamment Vitoria, Suarez, Saint Thomas d’Aquin, Grotius…

Plus près de nous, des auteurs comme Holmes Robert L., Michael Walzer (Just and injust War, 1977), Bertrand Lemennicier (La notion de guerre juste, Le Québec libre, 12 avril 2003), ont repris cette théorie, et ont tenté de la compléter, notamment sur le point de savoir si une guerre “préventive” peut prétendre être qualifiée de “juste”, ou si elle est injuste par nature.

Au moment où se préparent les invasions de 1488 et de 1491, les théologiens et les juristes savent parfaitement ce qu’est une guerre injuste. Nous allons voir que la connaissance qu’en ont les lettrés et les clercs du temps – en particulier les proches conseillers des princes -, est telle, que ce sont ces considérations de morale et de droit international qui, en plein Conseil royal, ont abouti, la Bretagne écrasée et détruite par les Français en 1488, à bénéficier d’un “sursis” de deux ans, jusqu’au coup fatal de 1491.

(Incidemment, on pourra lire un excellent chapitre de synthèse dans Philippe Contamine, professeur émérite d’histoire médiévale à la Sorbonne, sur les théories relatives à la guerre injuste: La guerre au moyen age, Paris, sixième édition, janvier 2003, pages 420 à 432, et 449 à 459).

La lecture des écrits de Saint Augustin permet d’affirmer que la théorie de la guerre juste est presque complète sous sa plume. Les auteurs très nombreux qui écrivent après lui ne font guère que préciser ou développer certains points. À partir du 14 ème siècle, l’édifice doctrinal mis en place par Augustin ne s’enrichit plus guère que de détails.

Une guerre est dite juste lorsqu’elle remplit les conditions ci-après :

1 – Elle ne peut être déclarée que par l’autorité légitime, c’est-à-dire le Prince, celui qui détient  les attributs de la souveraineté.

Les auteurs – presque toujours des clercs – n’ont pas tenté d’interdire la guerre. Celle-ci, disent-ils, est dans tous les cas un mal en soi, par les malheurs qu’elle engendre. Mais elle est parfois nécessaire, ne serait-ce que pour se défendre d’une invasion injuste.

Du moins doit-on en limiter l’usage le plus possible. La première restriction est d’en interdire l’usage aux particuliers. Quiconque dispose d’une armée – parce qu’il a les moyens financiers de lever des soldats et de les payer – n’est pas autorisé à faire la guerre pour s’approprier les biens et territoires d’autrui ; il peut seulement mettre ses troupes au service d’un souverain légitime, habilité, lui – si les autres conditions sont réunies -, ….

2 – Pour être juste, la guerre doit avoir un but juste. Une guerre d’invasion, qui a pour seul objet de s’emparer de territoires appartenant à d’autres nations ou à d’autres princes, est, par nature même une guerre injuste. Comme le dira le chancelier de France en 1488, après Saint-Aubin-du-Cormier, alors qu’Anne de Beaujeu se prépare à désarticuler la Bretagne vaincue, et de s’emparer pour son propre compte du comté de Nantes (bien avant M.M. Ayrault et Le Drian, donc), une telle manière de faire est indigne : c’est une volerie. En revanche, lorsqu’il s’agit de récupérer un territoire qui a été injustement annexé, la nation victime de cette iniquité est autorisée à le récupérer par les armes.

(Si donc la Bretagne possédait une armée, elle pourrait légitimement récupérer la Loire Atlantique et Nantes par la force : mais les Bretons sont pacifistes, et n’ont plus d’armée depuis les invasions françaises; de plus : la colonisation en a fait des moutons).

3 – Les moyens mis en oeuvre par le pays qui déclenche ou initie la guerre doivent être proportionnés au but à atteindre. Tout d’abord, il doit tenter de trouver un accord d’une manière pacifique, par voie de négociations. Ce qui sera refusé à de multiples reprises à la Bretagne envahie, jusqu’à l’imposture de 1491. Lorsqu’il s’agit de récupérer un fuyard évaporé de l’autre côté d’une frontière, on n’envoie évidemment pas 10 000 hommes pour s’en emparer ! Encore convient-il d’insister sur le fait que nul n’a le droit, depuis longtemps, de franchir les frontières bretonnes sans l’accord explicite du gouvernement breton, la Bretagne étant souveraine, totalement, et ayant seule le monopole de l’exercice de la contrainte et de la force à l’intérieur de ses frontières.

4 – Chose qui peut paraître étrange, le but de la guerre n’est pas la guerre, mais la recherche de la paix ! On va le comprendre : une fois corrigée l’injustice ou l’iniquité qui a motivé la guerre, on doit à tout prix se mettre d’accord sur les termes de la paix, qui est le but recherché. Nous allons voir que la volonté de paix de la Bretagne existe dès avant les hostilités, et que toutes ses demandes – certaines signées par Anne de Bretagne elle-même, preuves à venir -, vont se heurter à des refus mielleux mais intransigeants de la France, celle-ci ayant un seul objectif : s’emparer de la Principauté Haute et Noble de Bretagne.

5 – La paix doit être juste. Une fois l’iniquité vaincue par les armes, les parties au conflit doivent se mettre à table, et discuter d’une bonne paix. L’expression est souvent utilisée, à l’époque. Il est interdit au vainqueur d’écraser le vaincu. Ici encore …

 

Nous allons voir, preuves à l’appui, que toutes ces conditions imposées par le droit du temps sont violées par les Français, d’une manière voulue, répétitive et consciente. Et scandaleuse, car ils savent ce qu’ils font, et pourquoi ils le font. Foncièrement malhonnêtes, ils ne vont jamais cesser d’utiliser les mêmes procédés que Louis XI : le mensonge, la ruse, l’hypocrisie, l’absence de scrupules, le vol.

Le lecteur novice, ou non informé peut ici se poser la question : la chancellerie française, la chancellerie bretonne sont elles réellement au courant, à cette époque, de ce que ont une guerre juste et une guerre injuste ? A-t-on réellement conscience que la guerre d’invasion de 1487 à 1491 est une guerre injuste, comme telle très gravement violatrice des « lois divines, civiles et canoniques ? » Et que les coupables encourent la damnation éternelle ?

Sans aucun doute. Aucun doute non plus sur le fait que les Français triturent leur argumentation, et violent le droit d’une manière réfléchie, voulue, consciente, pour tenter de se donner trompeusement raison, en usant de sophismes et de mensonges ? Aucun « hystoryen » breton n’a, nul part, étudié ce problème à l’époque contemporaine.

Alain Bouchart, juriste et historien breton éminent, contemporain des faits, conseiller d »Anne de Bretagne, dans ses célèbres « Grandes croniques de Bretaigne », en donne une définition parfaite, lorsqu’il relate – avec une honnêteté scrupuleuse, il convient de le souligner, précisément pour condamner péremptoirement les agissements scandaleux de la France (folio 104) :

« Il n’est permis à aucun chrétien, qu’il soit prince ou autre seigneur, d’envahir, d’assaillir, ni de prendre par la force les pays et et les seigneuries, si celui qui donne l’assaut (  = l’envahisseur, l’assaillant) ne possède ni droit ni titre prouvé. S’il le fait, il encourt la damnation éternelle de mort …. Ceux qui envahissent et assaillent sans droit ni titre les possessions de leurs frères chrétiens pour les mettre en leur obéissance, doivent être réputés en infraction avec la loi divine ».

Bouchart, auteur savant, cite ses sources, et n’affirme rien qui ne soit établi.

Nous allons voir, en étudiant l’année 1488, et les années suivantes (1489, 1490, 1491), avec quel soin et quelle hypocrisie les Français vont essayer de se justifier au regard de ces principes juridiques d’une parfaite clarté. Le présent travail est en grande partie motivé par la nécessité absolue de dire ce qu’ont été ces guerre d’invasion, et de lever définitivement les derniers doutes sur ce que furent les actes odieux perpétrés en Bretagne par les Français de ce temps. Il en résultera ce qui doit en résulter. 

 

A propos de la sinistre affaire de Nantes et de la Loire Atlantique, en 2014 : écouter absolument, la députée LE CALLENNEC interpelant avec une force peu commune l’honorable Jean-Yves Le Drian à l’assemblée nationale de France : elle l’accuse, en public, de TRAHISON. Il pique du nez, et ne répond pas.

« VOUS AVEZ TRAHI AU MOMENT DES REDECOUPAGES DES REGIONS !!! »

 

 

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MAI 1487. LE DUC RENOUVELLE SES DEMANDES D’AIDE A SES ALLIES. IL APPELLE A SON AIDE LE SEIGNEUR ALAIN D’ALBRET, A QUI ON PROPOSE LA MAIN DE LA PRINCESSE ANNE DE BRETAGNE.

 

Les relations diplomatiques du duché avec les principaux acteurs européens ont toujours été très actives. Elles se sont intensifiées, par nécessité, sous règne de Louis XI. L’invasion accentue le mouvement : le duc envoie des ambassadeurs partout.

L’un des épisodes les plus étranges prend place ici. On n’ose écrire « les plus cocasses », car toute cette période est dramatique pour la Bretagne,  ..

Devant cette situation difficile, les conseillers du duc imaginent de faire appel à un nouvel allié, proche de la famille ducale, et qui possède de réels moyens financiers et militaires, pour aider le Duché : le sieur Alain d’Albret.

Lescun, comte de Comminges, seigneur méridional, et le comte de Dunois ont une idée intéressante :  faire appel au seigneur d’Albret, l’un des féodaux les plus riches du royaume, étroitement apparenté, de surcroit, à la famille ducale bretonne, par ses ancêtres et par sa parentèle. Ce lointain seigneur comme on le croit souvent, n’est pas un étranger : il est tout autant breton que méridional.

Bouchard écrit :

« Le duc de Bretagne, le duc d’Orléans, les comtes de Dunois et de Comminges , voyant la nécessité où étaient, firent de leur côté rassembler les gens d’armes … Leur puissance n’étant pas assez grande, le comte de Dunois se mit en termes de recourir aux gens d’armes du seigneur d’Albret. Pour mieux le gagner, il fut décidé qu’il convenait d’envoyer en diligence de lui promettre de lui bailler à femme (de lui proposer comme femme) madame Anne de Bretagne, fille ainée du Duc, afin que par ce moyen, il deviendrait Duc de Bretagne »

(Bouchard Alain, folio 235, et folio 347 ; Pélicier Paul, page 134).

Une lettre de Charles VIII, rédigée bien après les faits, les attestent dans les mêmes termes :

«  .. Albret étant à Montignac, se présentèrent à lui un des gens du feu comte de Comminges, ayant charge des Seigneurs d’Orléans, de Dunois et de Comminges lesquels, quelque temps auparavant s’étaient retirés en Bretaagne, près du feu duc François…  Ils firent savoir au dit d’Albret que s’il voulait aller en Bretagne au secours du duc, il ne faisait point de doute que le mariage d’Anne, sa fille et de lui, ne s’accomplit. Pour traiter et conduire ce mariage, ces seigneurs avaient donné les uns aux autres leurs scellés. « 

L’idée, en soi, est excellente. D’Albret est un soudard sans scrupule,  taillé sur mesure pour reprendre en mains les affaires bretonnes, et les mener avec la dureté et l’audace effrontées qui lui sont familières : il n’est pas taillé du bois avec lequel on fait les flûtes, mais dans le même bois que celui avec lequel on fabriqua la dame de Beaujeu. Une fois Duc – et même avant -, il fera sûrement mieux que le duc François, qui est tout son contraire, qui manque d’énergie, et a la réputation justifiée d’être chevaleresque. On envoie à d’Albret un messager « sûr et certain » (Bouchard, folio 235). Tous promettent par « foi et serment » de le faire duc de Bretagne, par mariage avec la jeune princesse. Le Duc Louis d’Orléans « ne donne pas son zèle » (son accord) à ce projet ». Et pour cause : il ambitionne lui même d’épouser un jour Anne de Bretagne.

Dans le même temps, au cours de cette année 1487, François II envoie des ambassadeurs auprès de Maximilien, roi de Rome et archiduc d’Autriche, pour lui proposer la même chose : venir au secours de la Bretagne, moyennant quoi, on lui donnera aussi en mariage la fille ainée du duc (Pélicier …).  Est-ce une tromperie ? En aucun cas : la princesse n’a pas encore l’âge d’être mariée, … et on ignore de quoi sera fait l’avenir. (Selon Jaligny, cette proposition a été faite à l’archiduc avant que les Français n’entrent dans le duché, pendant la campagne de Guyenne, c’est à dire en mars 1487).

Il est posé à d’Albret une condition impérative – qui est d’ailleurs le nœud de l’affaire – : que ses gens d’armes, qui combattent à cette période avec l’armée du roi, sous la conduite de Saint-Cirq et Forczays, se retournent en faveur du Duc et contre le roi, et que, cela étant fait, il vienne en Bretagne accompagné du plus grand nombre de gens de guerre qu’il pourra amener, « pour ayder à la compaignie » (sic). Une trahison, donc, à l’égard du roi de France, dont il est le sujet, le vassal et l’allié. Ce qui n’est pas pour embarrasser ce seigneur, qui n’en est pas à cela près : le trône de Bretagne vaut bien une trahison de plus. (z) 

La promesse du Duc de donner sa fille en mariage à d’Albret est-elle sincère, ou une supercherie, destinée à le tromper, sur les espérances d’un mariage que personne ne croyait possible ? Plusieurs auteurs, dont Bouchart, le pensent (Bouchart écrit ….  Lobineau, qui écrit son Histoire en … croit à la thèse de la tromperie calculée : « quand, avec le secours d’Albret, on se serait tiré d’embarras, on trouverait le moyen d’empêcher une union si peu convenable, d’un vieil homme couperosé et chargé d’enfants, avec une jeune princesse digne d’un meilleur sort » (p. 769).

(e) Nota bene. Des nationalistes actuels regrettent encore que ce projet ait tourné court, car, disent-ils, Anne ayant été promise à tous les prétendants possibles, par son père, celui-ci n’agissait pas en homme imprudent, mais au contraire, en gestionnaire avisé de l’avenir de sa principauté, comme d’ailleurs les autres princes, soucieux de se ménager réciproquement des alliances dans ce monde perpétuellement en guerre. En cette période troublée, où l’amour propre et les convenances personnelles des futurs époux ne comptent pour rien. Ce dont il est question, c’est de sauver le Duché des hordes françaises, et non des états d’âme de la jeune princesse. 

D’Albret dispose à la cour de Nantes d’appuis très sérieux. Bien que ses possessions soient surtout situées dans le sud-ouest, il n’est pas un étranger dans le marigot breton. Il descend des ducs de Bretagne, il est né en Bretagne (en 1440, près de Guigamp), sa mère est bretonne, sa femme descend de Jeanne de Penthièvre et de Charles de Blois – qui furent en leur temps duchesse et duc de Bretagne, ses enfants peuvent donc invoquer d’être Bretons. Si étrange que paraisse ce projet de mariage, il n’a rien, à l’époque, d’étonnant. Il est fermement soutenu par son proche parent le maréchal de Rieux, chef des armées bretonnes, et par Françoise de Dinan, sa soeur adultérine, gouvernante de la princesse Anne.

(Ces deux personnages sont nés de …).

Appelé en Bretagne par les conseillers du duc, en mai 1487 , Albret est empêché de  s’y rendre jusqu’en 1488. Ayant réuni des troupes, avec l’intention de gagner Nantes, il remonte vers le nord. Mais il est intercepté par les troupes royales, commandées par Candale, et est assiégé dans Nontron, ville qui lui appartient.  Il décide de traiter, ne pouvant faire autrement. L’officier du roi accepte de négocier, et lui accorde de son propre chef une pension, et une troupe de cent lances. Ce n’était pas l’intention du roi ni de sa soeur, qui voulaient, cette fois, ayant été trompés par lui plusieurs fois, lui infliger une punition sévère. Mais le mal étant fait, le roi confirme l’accord fait en son nom. Il obtient l’autorisation de celui-ci de séjourner dans ses terres de Gascogne, où il demeure un mois. De là, il passe en Navarre – son fils Jean a épousé la reine Catherine, et a été couronné roi de Navarre avec elle en 1484 – puis en Castille. Albret a bénéficié de la part du roi, d’une compagnie de cent lances, confiée au commandement de Cardaillac. Celui-ci restant sous l’autorité de son maître, Albret n’en assure le commandement que par délégation. Ayant « débauché » Cardaillac, et réuni les cent lances à ses propres forces, Albret réunit des troupes nombreuses, levées en Gascogne et en Navarre. Ce n’est que l’année suivante que d’Albret, trahissant une fois de plus le roi, qu’il s’embarquera pour la Bretagne, en partant avec ses navires et ses soldats du port espagnol Fontarabie.

(NOTE BIOGRAPHIQUE IMPORTANTE SUR D’ALBRET ; VOIR PLUS LOIN).

Les autres alliés potentiels de la Bretagne, quoique sincères – relativement, bien sûr, en cette époque ou le mensonge est pratiqué tout autant que par les « politiques » actuels) -, sont empêchés, en raison de leurs propres difficultés dans leurs pays respectifs, d’envoyer en Bretagne des troupes.

Le roi d’Angleterre Henry VII, mal assuré sur son trône, ne marque aucun empressement à aider le duc François, qui jadis, alors proscrit de son pays, lui donna l’hospitalité dans son château de Vannes ..

Il est d’ailleurs réputé d’une avarice sordide ….

L’archiduc d’Autriche (qui deviendra roi de Rome en 1486, et empereur du Saint Empire en 1508) est en grave conflit avec ses possessions héréditaires, plus encore avec les principautés et seigneuries qu’il tient de sa femme (Gand et Bruges), Marie de Bourgogne, décédée en 1482 (Commynes, collection Folio, 486 …) Son père, l’empereur Frédéric III de Habsbourg, est lui aussi affligé du même défaut de radinerie, connu de toute l’Europe, ce qui va le gêner considérablement dans cette guerre brito-française, ne pouvant obtenir les fonds nécessaires à lever des soldats pour assister les troupes bretonnes..

Le roi d’Aragon et son épouse Isabelle de Castille sont en voie de reconquête de l’Espagne  ..

Bibliographie sommaire

Argentré Bertrand d’, page .. Chombard de Lauwe, page ….Commynes page … Grotius, page …  La Borderie, Histoire, IV, page Lepage et Nassiet, page …  Lobineau, Texte, pages 769, 770 … Preuves, page Luchaire, page ….. Morice, Texte page … Preuves ..  ..Olivier-Martin, page ….. Pélicier,….Pocquet du Haut Jussé, …..Timbal et Castaldo, édition de .. page

 

LE SIEGE DE NANTES (juin, juillet, août 1487).

Les violations des engagements solennellement jurés par les Français sont devenues plus qu’évidentes. Le duc n’a dû son salut  qu’à sa stratégie de repli, rendue nécessaire par l’énorme disproportion des forces en présence, et la certitude de perdre le combat et ses armées s’il ordonne un affrontement direct de ses armées avec celles des Français. On imagine ce qu’eût été sa capture, s’ils avaient pu s’emparer de sa personne : sa destitution certaine – annoncée dès 1485 dans le rapport d’Adam Fumée, rédigé à la demande de la dame de Beaujeu, l’annexion du duché par la France, la spoliation de ses deux filles, l’asservissement du pays par un pays étranger …

Ici prend place le rappel d’ un fait important. Quelques années plus tôt, François II étant tombé  gravement malade, la dame de Beaujeu avait réuni près des frontières bretonnes, des armées prêtes à fondre sur leur proie, au cas où le duc serait décédé. Mais il guérit, pour cette fois : la catastrophe fut repoussée, mais guère pour longtemps.

Le souverain breton n’échappe aux armées françaises mises à sa poursuite qu’en quittant Vannes précipitamment au début du mois de juin. Le roi écrit :

 » ….  »

Dans le même temps, les Français, en guerre contre Maximilien, roi de Rome depuis 1486, remportent des succès importants en Flandre. L’amiral de Graville écrit au seigneur Du Bouchage, le 30 mai :

« Les affaires du roi se portent bien de toutes parts, merci à Dieu ! Les Bretons sont tenus de si court, qu’ils ne savent où se mettre ». (Pélicier, page 135).

Les armées françaises mettent le siège devant la capitale nantaise le 19 juin. Selon le conseiller royal Du Bouchage, leurs effectifs sont considérables : 10000 hommes, Le calcul de la sœur du roi, chef de l’état major en jupons, sous couvert de l’autorité du roi et de l’amiral de Graville, est bien pensé : c’est elle qui est le véritable roi de France : les armées françaises, les plus puissantes d’Europe, sont nombreuses et remarquablement équipées : la proie bretonne est perdue, elle ne résistera plus longtemps. Plusieurs villes sont déjà en la possession ou à la disposition des Français : Ancenis, Chateaubriand, Ploermel, Vannes … S’ils réussissent à prendre Nantes, ville capitale du Duché, et siège de la résidence ducale, l’effet psychologique sur le pays sera catastrophique : le sud du pays sera à la merci des Français, le reste suivra. Plusieurs villes du nord de la Bretagne sont déjà entre les mains du vicomte de Rohan, qui a fait un pacte de trahison avec les Français. Le roi et sa sœur sont à ce point confiants dans le succès de leur entreprise, que dès le 24 juin, le roi s’installe à Ancenis, pour surveiller et diriger les opérations. Dans les instructions qu’il donne à ses ambassadeurs envoyés à Gênes, il leur demande de dire aux Génois « qu’il espère avoir en brief ( = avant peu) mis fin au fait de Bretagne » (Pélicier, 136).

Dès cette époque, Anne de Beaujeu a établi ses plans : elle a le projet de démembrer la Bretagne, et de s’attribuer pour elle même la plus belle perle de ce collier  : le comté de Nantes. On en aura la confirmation certaine un an plus tard, après la défaite de Saint-Aubin-du-Cormier.

L’appel solennel du Duc-souverain aux Bretons à expulser « nos haineux et malveillants sujets », qui veulent la destruction totale de la Bretagne.

 La chancellerie ducale adresse aux villes de Bretagne et à tous les  sujets du duc des lettres solennelles et graves, particulièrement fortes, leur demandant leur concours sans réserve pour « expulser nos ennemis français ».  Celle adressée le 15 juin aux officiers de Guingamp et de Lannion a été conservée, et publiée, avec d’autres, par dom Morice  (Morice, Preuves, III, page 544) : 

 « A nos bienaimés sujets :

Nos haineux et malveillants ennemis ( = les Français), sont venus assiéger cette bonne ville de Nantes, poursuivant NOTRE TOTALE DESTRUCTION, CELLE DE NOS FILLES, ET CELLE DE NOTRE PAYS. Ce à quoi, avec l’aide de Dieu, et de nos bons et loyaux sujets, NOUS ENTENDONS RESISTER. Nous vous demandons que vous fassiez connaître les intentions DE NOS HAINEUX ET MALVEILLANTS ennemis, par cris publics ( = proclamations publiques), dans tous les endroits où vous verrez que cela est nécessaire, en exhortant tous nos nobles et fidèles sujets, afin qu’immédiatement, ils se rassemblent et se mettent en armes ….. »

Cette lettre est envoyée à toutes les « bonnes villes » bretonnes. Il en reste quelques unes  dans les archives.

Le 21 juin 1487, le Chancelier de Bretagne de la Villeon écrit aux habitants de Guingamp, dans les mêmes termes : (Morice, Preuves III, 546).

« Vous savez comment les Français s’emploient à la totale destruction du duc et du pays, et veulent mettre le siège à Nantes … Le duc m’a adressé une lettre pour que je puisse faire une bonne et grande armée de mer pour aller le secourir. M. l’Amiral de Bretagne est à Nantes … »

Des chevaucheurs d’écurie sont envoyés en urgence dans toutes les villes de Bretagne, pour appeler les Bretons à combattre l’ennemi.

Pendant toute la durée de la guerre, le duc, puis la duchesse Anne, adresseront à leurs sujets des lettres de même teneur, qui montrent à quel point les Français – avec bien d’autres éléments et pour bien d’autres raisons – sont haïs en Bretagne, et sont bien loin d’être considérés comme des « amis ». Nous en citerons plus loin quelques unes. (35)

Nous ne sommes, à cette époque qu’à quelques dizaines d’années de l’annexion imposée par la France à la Bretagne, contre la volonté des Bretons, mais avec la complicité de quelques « grands du duché ». Ce n’est pas un roman d’amour qui se tisse avec l’envahisseur, mais un roman de cauchemar et d’horreur.

Dans quel but des historiens comme Barthémy Pocquet, et Emile Gabory ont cru devoir se compromettre – honteusement – à écrire que les Bretons et les Français s’aimaient d’amour tendre, et étaient destinés à tomber dans les bras des uns des autres, pire, à contracter ensemble un mariage d’amour ??? Pour Martin-chauffier, « hystoryen », c’est l’ignorance abyssale due à son intoxication mentale par le discours  menteur qui lui a été infligé – comme à moi-même pendant mes jeunes années  – dans les écoles françaises « républicaines ». Mais pourquoi donc Jean Kerhervé, qui a présidé ( et « orienté » tant de thèses, a laissé minimiser, dans la remarquable thèse de son élève Laurence Maoal sur l’ ‘Etranger en Bretagne, ces phrases qui minimisent les haines franco-bretonnes, à une époque où, le pays étant agressé et  violenté avec virulence, elle n’a jamais été aussi forte ! Les auteurs survivants seront appelés à se justifier en public.

Par bonheur, le gouvernement de Pierre Landais – assassiné en 1485 par les seigneurs bretons – et la municipalité, pendant des années, ont  pourvu à la défense de la ville. Les murs et les tours sont épais et solides; la ville est très bien pourvue en armes de toute sortes, et en poudre. L’invasion française était attendue depuis longtemps,  même si elle est effrayante, elle n’est en aucun cas une surprise.

L’ENTREVUE DE RIEUX, MARECHAL DE BRETAGNE, ET DE LA DAME DE BEAUJEU : UNE HUMILIATION CUISANTE POUR LES BRETONS.

Rieux, enfin conscient de ce qu’il a fait,  est consterné. On ne peut imaginer d’humiliation plus forte pour ce soldat, qui est loin d’être dépourvu de qualités sur les champs de bataille, comme il l’a largement démontré. Il comprend que sa faute est grave, peut-être  irréparable. A Ancenis, ville qui lui appartient, il  demande une entrevue au  roi Charles VIII, pour obtenir de lui des explications.

Première offense : le roi et invisible, et ne lui accorde aucune audience. C’est la dame de Beaujeu, omniprésente, qui le reçoit, car c’est elle, sans aucun doute, qui a autorité pour régler le problème.

Rieux demande avec fermeté que les termes du traité arrêtés à Chateaubriand soient respectés. 

Lobineau (page 768) rapporte cette entrevue de la manière qui suit :

« Le lendemain du jour que Nantes fut assiégé, madame de Beaujeu, qui était était à Ancenis avec le roi, dit au maréchal de Rieux :

« Mon cousin de Montpensieur a écrit cette nuit au roi que ses gens ont assiégé hier soir la ville de Nantes, et qu’ils sont déjà dans les fossés ».

Le maréchal répliqua, vertement :

 » Ce ne sont pas les termes que le roi a promis ! Bien ! je ne crois pas que ses gens puissent y entrer par la force, ni par composition ( = par la négociation).  Ceux qui ont conseillé au roi d’y mettre le siège ne l’ont pas bien conseillé; car Nantes, garnie comme elle est, est autre chose que l’on ne croit ».

C’est une fin brutale de non-recevoir. Furieux, stupéfait, le maréchal chef des armées, réalise que ce plan était prémédité, qu’il a été trompé, et  la met en garde :

« Nantes est autre chose que ce que vous croyez. Garnie comme elle est ( = protégée comme elle est),  ni par la force, ni par la composition, ( = ni par la négociation), vous ne pourrez vous en emparer.  Ceux qui  vous ont conseillé de l’assiéger vous ont ma conseillé ».

C’est plus qu’un coup de tonnerre, plus qu’un camouflet, une humiliation, une tragédie. Le maréchal, brutalement remis à sa place, est soudain renvoyé dans la cour des petits, dans laquelle il n’a cessé de jouer,  par sa sottise.

 

Alain Bouchart confirme :

 » En ce temps là, le roi étant à Ancenis, les barons de Bretagne aussi, ceux-ci se repentaient fort de ce qu’ils avaient fait. Car les gens d’armes; de toutes parts, gâtaient et pillaient le plat pays. Et même les terres desdits barons n’étaient pas plus épargnées que les autres. Et de nombreux notables du pays furent occis et tués, ce dont le pays a eu depuis longuement à souffrir » . (in Pélicier, page 137).

Sottise, quand tu nous tiens ! Ne se croirait-on pas à Nantes, en 2014 ? Les Français ont, une fois de plus, trompé les Bretons. Honteux, ils réalisent le désastre : il ont voulu chasser les seigneurs français du Duché, en appelant l’ennemi au secours. Mais la France de ce temps est l’ennemi féroce de la Bretagne, depuis des siècles. Elle est ce qu’ont été les Allemands pour la France lors des guerres de 1970 et de 1914, puis ce qu’ont été les nazis en 1939. L’erreur est impardonnable, elle va engager toute notre histoire jusqu’à aujourd’hui.. Comme l’écrit très justement l’historien Alain Bouchart, contemporain des faits, la révolte stupide des seigneurs bretons est la cause de la destruction définitive du Duché. A la lire, cinq siècles et demi plus tard, cette phrase serre le coeur.

Les barons ont aussi réalisé, alors, que les Français ont violé leurs engagements solennellement jurés, et qu’ils les ont trompés, grossièrement. 

 

Bibliographie sommaire

Argentré Bertrand d’, page .. Chombard de Lauwe, page ….Commynes page … Grotius, page …  La Borderie, Histoire, IV, page Lepage et Nassiet, page …  Lobineau, Texte, page 768 … Preuves, page Luchaire, page ….. Morice, Texte page … Preuves ..  ..Olivier-Martin, page ….. Pélicier,….Pocquet du Haut Jussé, …..Timbal et Castaldo, édition de .. page

 

LES DEGÂTS CAUSES PAR LE VICOMTE DE ROHAN. Au nord de la Bretagne, les seigneurs bretons coalisés contre le Duc, autour de Jean de Rohan et son frère Pierre, se livrent au siège des villes, des châteaux, causant des dégâts considérables là où on leur résiste. 

Nous avons exposé plus haut, en détail,  la cause de sa trahison : il veut s’emparer pour son compte de la couronne de Bretagne, et priver de ses droits sa nièce Anne, pourtant reconnue par les Etats de Bretagne, en ..

Rohan a réussi à convaincre une partie des populations que les seigneurs français abrités par le duc sont la cause de la guerre ..

La ville de Nantes grouille de monde. Elle contient, selon la Borderie, 4000 hommes d’armes. Ce qui n’empêche nullement les magouillages politiques. Le duc d’Orléans est « approché » par Guyon de Silly, au nom d’Anne de Beaujeu et du roi ; on lui promet merveille, s’il accepte de se ranger du côté de l’ennemi ; il est encore temps de sauver sa peau, ce qu’il refuse, car il est fidèle; il montrera toute sa vie sa nature généreuse et son courage (Lobineau, page …). A ce moment, Nantes abrite le Duc, sa famille, la dame de Chateaubriand, le duc d’Orléans, les seigneurs cités ci-dessus .. La duchesse Marguerite de Foix-Navarre, épouse de FrançoisII, est décédée peu de temps auparavant.

Certains ont fui. Le richissime et puissant cardinal de Foix, frère de la duchesse décédée, beau-frère du duc, a préféré faire ses bagages. On impute  à sa couardise ce qu’on considère comme une fuite. Ce haut prélat n’est pas un petit seigneur, comme on pourrait le croire, vivant de la charité du duc. Il n’est pas seulement évêque de Vannes, ville alors modeste, de 4000 habitants, et abbé de …, mais possède des revenus considérables tirés de ses territoires personnels, et des nombreux bénéfices ecclésiastiques dont il est pourvu. Sa présence était utile, tant comme conseiller du duc que comme pourvoyeur de nombreux emplois autour de lui. Il mourra à Rome trois ans plus tard.

Les armées françaises sont très nombreuses, et admirablement équipées. D’après Bouchard, dix mille hommes participent à ce seul siège.  Le but des Français apparaît désormais très clairement, et ne va jamais se démentir jusqu’à la fin de la guerre, quatre ans plus tard. On se trouve devant une authentique invasion, en aucun cas à une opération militaire limitée.

Les armes des Français sont efficaces et précises. On prétend que l’un des coups tirés par une coloeuvrine française a réussi à frapper la fenêtre de le chambre dans laquelle le duc dort habituellement. Celui-ci  s’est réfugié dans l’hôtel de Vincent Guiole, riche bourgeois, dans la grande rue. Les princesses sont logées dans l’hôtel de la Bouvardière, qui avait autrefois appartenu au grand trésorier Landais, et qui désormais est la propriété de son neveu. La dame de Laval, gouvernante de la princesse Anne, qui a ouvert les portes de sa ville de Chateaubriand à l’ennemi, et qui a pactisé avec les Français, est mise sous étroite surveillance, et « gardée par des gens qui à ce faire sont commis ». L’évêque de Nantes aussi, car il fait, lui aussi, partie des suspects.

Les villes de Nantes et de Rennes ne ressemblent pas aux autres villes de Bretagne. Les ducs et leurs gouvernements, connaissant depuis plusieurs siècles les visées de leurs ennemis, ont fortifié ces deux villes davantage que les autres. Les murs sont solides, on dispose en quantité de canons, de poudre et d’arbalettes, et surtout d’armes à feu portatives, encore rares à cette époque. Des coulevriniers allemands ont été engagés, qui vont faire merveille, sous l’autorité d’un technicien aguerri,  Piètre l ‘Allemand (La Borderie, IV, page …).

Sentiment patriotique breton  et haine de la France aidant, (ert), les habitants de la ville sont déterminés à se battre, et sont très organisés .. Les quartiers rivalisent de combativité, se sont divisés .. … (in La Borderie …)

C’est un fait naturel : le sentiment national s’exacerbe lorsque l’ennemi menace. A leur grande surprise, les Français, qui jusqu’alors ont fait une promenade militaire depuis leur entrée en Bretagne, et s’attendent à faire tomber la ville en quelques jours, se heurtent à une résistance organisée, déterminée et consciente, et qui va avoir une issue que personne n’espérait, surtout pas les Bretons.

Les plans des larrons sont déjoués ; Nantes  résiste avec fureur.  Rieux les avait prévenus, la ville, outillée et armée comme elle l’est, est – comme Rennes -, quasi imprenable. Certains habitants ont fui, en particulier le cardinal de Foix, beau frère du duc par sa femme Marguerite de Navarre. Pas éminemment courageux, ce très riche prélat, évêque de Vannes et d’autres lieux, pourvu de bénéfices épiscopaux et abbatiaux nombreux, notamment en Italie, part pour Rome. Il y mourra trois ans plus tard. 

Les soldats du duc font des sorties offensives, et causent des dégâts notables dans les rangs ennemis. Ceux-ci, en nombre insuffisant pour emporter la place, et en raison des dégâts qui leur ont été infligés, décident de lever le siège.

Les renforts attendus d’Angleterre et d’Allemagne n’arrivent pas.

Depuis des années, le gouvernement ducal est en relations épistolaires et diplomatiques avec ses alliés anglais, espagnols, allemands.  Surtout avec les Anglais. Les seuls échanges avec l’Angleterre ont justifié un très épais volume, très savant, de Pocquet du Haut-Jussé, sous le titre :  » François II et l’Angleterre.. ». Il en a obtenu de belles promesses, guère davantage. Ils ne sont pas entièrement responsables de ce qui ressemble, avec les siècles écoulés, comme un manque de foi. Le roi d’Angleterre est réputé pour son avarice. Mais tous les souverains européens, toujours en guerre, ont leurs propres difficultés, qui sont loin d’être minces.

Les renforts bretons, issus de la population. La nouvelle de l’invasion s’est propagée partout. Les gens de la Bretagne « tonnante », de tous temps attachés à leur pays – avec cette composante inhérente de la psychologie collective des Bretons bretonnants : la fidélité.. La haute noblesse bretonne, presque toute du pays « gallo », a été assez lamentable, attachée à ses intérêts et à ses privilèges. En revanche, la population de la base est attachée à son souverain.

 

On se souvient que, lors d’une précédente invasion française, au 14ème siècle, les Bretons, dans un élan très fort …

On se souvient aussi que lorsque les barons bretons envahirent le château ducal, maltraitèrent le duc en paroles, et cherchèrent partout Landais, principal ministre, pour le pendre, la population nantaise, avertie, entoura le château pour secourir son souverain, croyant qu’on lui voulait du mal.

Un riche marchand de Quimper Michel Marion, « vendant tout son bien, et aliénant une grandes partie de ses héritages » (La Borderie, IV, 537), affrète en armes, en canons, en boulets et en poudre, un navire marchand, qui remonte le long des côtes, entre dans la Loire, et fait des dégâts dans les rangs français. Le navire est détruit, la moitié des hommes, bretons bretonnants, sont tués et blessés. Michel Marion meurt d’une mort glorieuse. La duchesse Anne, dont l’un des traits majeurs de caractère est l’aptitude exceptionnelle à éprouver de la reconnaissance pour ceux qui se sont battus pour leur pays, récompensera sa fille (La Borderie, idem). Aucun « agrégé », aucun « docteur » n’a inspiré la moindre thèse sur ce haut fait d’armes, parmi d’autres, dont les vrais Bretons ont été capables, quoique les archives en conservent la trace : on a préféré immobiliser chercheurs dans la culture des poireaux à Quimper, et, fait exceptionnellement glorieux, aux rapports du paysan breton avec ses chevaux de trait (!). 

 

A Rennes, le comte de Dunois, qui est allé chercher du secours en Angleterre,  trouve plusieurs milliers de Bretons venus au secours du duc, mais fort mal armés eux aussi. Une légende célèbre leur patriotisme et leur courage. Ils auraient été soixante à quatre-vingt mille hommes … et auraient mis à sec une rivière en buvant son eau, tant ils étaient assoiffés ! Belle histoire, fausse, bien entendu, mais qui mérite d’entrer dans notre mythologie.

Les seigneurs français à Nantes. Louis d’Orléans, fiancé d’Anne de Bretagne ?

Nul doute que les négociations matrimoniales aient repris entre le duc d’Orleans et  François II. Dans le même temps, chose assez cocasse, le bon duc a promis sa fille à Maximilien, roi de Rome, et la princesse Isabeau à son fils Philippe – qui deviendra plus tard roi de Castille.  Au mois de Mai, nous l’avons vu, on a fait, en son nom, la même promesse au seigneur d’Albret !

Si l’on en croit Dom Morice (…), au mois de mars de l’année suivante, il ira même jusqu’à promettre sa fille en mariage au vicomte de Rohan (pour son fils ainé François) ! Cela n’entraine certes pas la bonne entente entre les intéressés.

Ce sont les moeurs du temps, personne n’en est choqué. Deux de ces seigneurs ont d’ailleurs des enfants, et les « négocient » à des princes selon les mêmes méthodes !

Le gouvernement a gagné en compétence au départ des hauts seigneurs bretons, qui ont trahi pour le grand nombre. Le duc est principalement entouré de son neveu le prince d’Orange – un fripon, mais d’une habileté diabolique -, de Louis d’Orléans, le plus honnête, de Dunois, le plus subtil, de Lescun-Comminges, le plus détesté, mais non le moins intelligent. Le comte de Dunois est décrit par les contemporains comme suprêmement habile. Jaligny, en particulier :

« C’était un très sage chevalier, pourvu de toutes les bonnes qualités, et rempli de très prudents conseils, sur toutes les occurences  d’Etat qui pouvaient survenir ».

Nul doute qu’aucun de ces seigneurs n’aurait ouvert les portes de la Bretagne aux armées étrangères. Ces étrangers, quelles que soient leurs arrières pensées intéressées, sont venus aider le duc, et vont le faire. Mais le duc a perdu  en sympathie de la masse populaire. Les Bretons détestent les étrangers, sont xénophobes, et le montrent.

Maximilien, largement promis à la jeune princesse Anne de Bretagne, à cette époque, et très désireux de l’épouser – ce qu’il fera en décembre 1490, un an avant la destruction totale du duché par Charles VIII -, a réussi à surmonter une partie de ses difficultés dans ses Etats de Flandre, et de Gand . Il envoie par le mer un assez fort contingent de 1500 hommes …

Les 1500 Flamands de Maximilien arrivent en Bretagne, par Saint-Malo, qu’ils atteignent alors que les Français ont mis le siège devant Nantes depuis déjà quelque temps. Ils se dirigent vers Rennes, qu’ils atteignent le 31 juillet, où ils sont fêtés par la population, catastrophée, des villes tombées en peu de temps entre les mains de l’ennemi, et ce qui se passe à Nantes. Ils s’y attardent jusqu’au 10 août ..(+). Lorsqu’ils arrivent à Nantes le siège est déjà levé. Mais ils sont là, et grossissent les forces bretonnes.

Août 1487 : LES FRANCAIS LEVENT LE SIEGE DE NANTES.

La défense de Nantes est si efficace, que le siège est levé par les Français le 7 août 1487 (La Borderie page 535, et les références), pour, précise Bouchard, sauver l’artillerie et éviter de plus grandes pertes. Les murailles ont résisté, mais les dégâts causés par les Français sont considérables. Il va falloir tout remettre en état, le coût sera très élevé pour les finances du pays et la ville. A la mort de la duchesse, en 1514, 27 ans plus tard, de nombreux quartiers portent encore les traces de vastes mutilations (Legay, page ..).

Les Français, humiliés, sont contraints de se retirer. C’est un échec, compte tenu des moyens colossaux qu’ils ont mis en œuvre pour écraser les Bretons. Mais le roi, procédé classique,  l’annonce comme un succès dans ses lettres à ses sujets. 

Les Bretons, avec des moyens comparativment très faibles, ont remporté un prodigieux succès, contre toute attente. C’est une très belle victoire. Durant les trois années qui vont suivre, la résistance à l’invasion va en comporter d’autres.

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LA FIN DE LA CAMPAGNE.

L’itinéraire du roi a été reconstitué par Pélicier (page 298).  D’ Ancenis, où il se trouvait pendant le siège de Nantes, Charles, toujours accompagné de son inévitable soeur, se dirige vers Clisson. On l’y trouve le 2 août. Y-a-t-il rencontré le fils bâtard du duc, le sire d’Avaugour ? Au bout de quelques jours, il repart vers Ancenis. Le 14 août, le siège de Nantes ayant été levé, puis vers Chateaubriand, avec sa soeur et son beau-frère. Il y confère avec Rieux et Rohan (Chombart de Lauwe). Le château de Vitré lui est livré, à contre coeur, le 1er septembre, par Guy de Laval.   Le 15 octobre, Dol est pillée. Auray est prise le 31 octobre.

 

A la fin de la campagne de 1487, la situation de la Bretagne est catastrophique. Les Français laissent des garnisons dans les villes et les places qu’ils ont prises. Toutes les places importantes sont entre les mains des Français, ou de Rohan. On attend avec impatience l’arrivée des renforts que doivent envoyer en Bretagne les alliés.

 

A la fin du mois d’Octobre, Charles VIII fait halte au Mont-Saint-Michel. Puis, il remonte vers Caen. Le 6 novembre, il est à Caen, le 14 à Rouen il marque une pause de plusieurs jours.

Le 27 décembre, le duc ordonne à tous les nobles et à ses sujets soumis à l’obligation de combattre, de rejoindre son armée, pour « vider et chasser hors de notre pays et duché de Bretagne les Français nos adversaires, qui nous ont fait et nous font encore à présent la guerre, avec le but de conquérir le pays .. et responsables de si grands et exécrables maux à nos sujets, qu’il est difficile de pouvoir les dénombrer » (Morice III, page 565).

Les Français dévoilent leurs véritables intentions : non pas extrader les fugitifs, mais s’emparer par la violence de la principauté souveraine de Bretagne.

Un fait singulier de produit alors que le roi quitte Rouen. Du 10 au 18 décembre, il séjourne à Pont-de-l’Arche, ville fortifiée située sur la Seine, entre Rouen et Louviers. Les seigneurs réfugiés à Nantes se trouvent à l’étroit dans le duché, en dépit de ses attraits, et des fêtes organisées pour les distraire par le duc très hospitalier. Ils sont très mal perçus par la population, qui souhaite les voir repartir chez eux, et manifeste avec violence pour qu’ils s’en aillent. Loin de leurs terres, de leurs bois, de leurs chasses, de leurs châteaux et de leurs fêtes, ils souhaitent partir. A condition qu’on leur restitue tout ce dont ils ont été privés. Ils envoient Lescun, comte de Comminges, en ambassade à Pont de l’Arche (Pélicier, Jaligny). Il déclare à Madame, avec brutalité, qu’elle a scandaleusement violé les clauses arrêtées à Chateaubriand, qu’elle doit retirer les armées, moyennant quoi les exilés rentreront en France. Elle est intransigeante : cela lui est bien égal, elle ne respecte aucune parole donnée, comme son père ; elle fait savoir qu’elle ira jusqu’au bout. Son intention non avouée encore est de conquérir le duché, et de l’annexer. Elle ruse encore. Ne voulant pas paraître refuser la paix ou la discussion, elle décide de saisir la justice, qui tranchera : habileté fallacieuse, une fois de plus . (Chombard, page ….). Ainsi se lave-telle les mains, comme Ponce Pilate : ce n’est pas elle qui refuse la négociation, c’est la justice qui décidera du sort des exilés. Le procès va durer jusqu’à la fin du mois de mai 1488. Tous, à l’exception de Louis d’Orléans, vont être condamnés à de très lourdes peines.

A Nantes, ni le duc ni son gouvernement ne sont surpris : les intentions de Louis XI étaient connues depuis de longues années, celles de ses héritiers aussi.

Le roi revient  dans la région parisienne. Il est à Paris le 29 décembre, enfin à Vincennes au début de janvier. Il ne reviendra à Amboise qu’au mois de mars 1488.

Les armées royales ont continué leurs ravages en Bretagne, partout où elles sont passées, selon les lois de la guerre, qu’elles étaient censées éviter : incendies, destruction des récoltes, pillages, viols, vols et cruautés en tous genres. Les dégâts sont colossaux.

Ce n’est pourtant qu’un début, on va le voir. Car la guerre d’invasion et de conquête de la Bretagne va durer encore quatre longues années, aussi longtemps que la grande guerre mondiale. Les atrocités que vont commettre les Français, les mensonges, l’hypocrisie vont être abominables.

 

Bibliographie sommaire

Argentré Bertrand d’, page .. Bouchard, f° 237. Chombart de Lauwe, page 226. ….Commynes page … Grotius, page …  Jaligny, page 39. La Borderie, Histoire, IV, page 538.  Lepage et Nassiet, page …  Lobineau, I, page 778.Texte, page … Preuves, page Luchaire, page ….. Morice, Preuves III, 556, 565, 577..Olivier-Martin, page ….. Pélicier,….Pocquet du Haut Jussé, …..Timbal et Castaldo, édition de .. page

 

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CONCLUSIONS.

 

Ce n’est pas en mentant aux Bretons – surtout pas ceux de la génération actuelle, qui soutiennent en masse mes recherches, contrairement aux « anciens », qui ont tout tenté pour les faire échouer -, qu’on rétablit la dignité d’un peuple, si bafoué pendant des siècles. La vérité est maintenant rétablie, aucun retour en arrière n’est possible.

1 – Deux dates dramatiques, ici, doivent être mises en parallèle. En 1487, des Bretons, dont le chef des armées bretonnes et ses acolytes, par intérêt, non pour défendre leur pays, trahissent, en ouvrant les frontière et les forteresses à l’ennemi de mille ans.

En 2014, un nouveau grand malheur arrive à la Bretagne. Le pouvoir « central » français, sous la « présidence » du regrettable François Hollande,  lance une prétendue « réforme », qu’il n’a aucun droit de faire , en tout cas pas en Bretagne, nation autochtone et première, dans son territoire depuis 1500 ans, et depuis 1200 ans pour les Bretons de Nantes et de Loire Atlantique. Des « bretons », élus et payés pour se taire et pour plier l’échine, renouvellent la trahison. C’est bien d’une trahison qu’il s’agit. Le droit international interdit péremptoirement de modifier au profit des colonisateurs les frontières des nations colonisées. Ces vieilles nations sont chez elles, la prétendue « réforme » de 2014 est contraire au droit, mais aussi aux principes moraux les plus élémentaires. Depuis les invasions de 1487, il en a toujours été ainsi des relations brito-françaises. On sait l’ « oeuvre » mirobolante de la France en Bretagne, à partir de 1789 : lire : l’oeuvre « civilisatrice » de la France en Bretagne, et la shoah bretonne, dans l’article condensé mais complet publié sous ma plume, sous le titre « Histoire de la Bretagne pour les nuls et les collabos ».

 

2 – L’histoire de la Bretagne est émaillée de trahisons. C’est une maladie chronique, incurable jusqu’à ce jour. On a beau exhorter les Bretons à s’unir : c’est plus fort qu’eux; il suffit que l’un deux, ou quelques uns d’entre eux esquissent une démarche dans l’intérêt du pays : aussitôt, des jaloux se lèvent : ils se sentent floués, dépouillés de ce qu’ils n’ont pas su faire, EUX … Plus les démarches entreprises sont désintéressées, plus est grande la fureur de jalousie qu’ils déclenchent. Le psychiatre Carrer à défini le « mouvement » breton (quel mouvement ?) comme « celui dans lequel il y a le plus de dérangés mentaux au mètre carré ». Un autre a dit : « erreur, au mètre carré » (Michel Quéré au docteur Mélennec). Un autre, avec un humour affreux : erreur : au millimètre carré (vrai : lettre de Vincent le Floch au docteur Mélennec, août 2015, conservée dans les archives).

3 – Les intentions des Français ont été évidentes dès le début de l’invasion. Dès la pénétration des armées françaises en Bretagne, en tout cas dès le mois de juin, lors du siège de Nantes, on a été fixé sur les véritables intentions des Français. Il n’était pas besoin d’être très intelligent pour les comprendre. Le grand malheur, pour les Bretons, une fois de plus, est de n’avoir rien compris aux intentions de leur ennemi millénaire, et de s’être encore et encore divisés. En langage moderne : roulés, une fois de plus !

Les Français  se sont engagés, au mois de mars à n’entrer en Bretagne, qu’ avec des effectifs militaires réduits, et seulement pour s’emparer de quelques seigneurs français, et d’en expurger la Bretagne. Dès le mois de mai, ils ont violé les accords signés à  Chateaubriand. Au mois de juin, les armées françaises dispersées devant Nantes et sur le reste du territoire dépassent 12000 hommes !

La malhonnêteté foncière des Français. A l’issue de cette campagne de 1487, les Bretons, qui auraient du être formellement sur leurs gardes contre leur ennemi millénaire, ont eu une fois de plus les preuves de la mauvaise foi des Français, de leur volonté de les tromper, et de s’emparer de leur pays.

Les Français  ont non seulement accueilli depuis longtemps un grand nombre de Bretons en délicatesse avec leur gouvernement – plus encore : ils ont débauché les talents bretons pour servir leurs intérêts -, mais ils ont eu l’audace de  dénier au duc le droit antique d’accueillir sur son territoire quelques seigneurs français, selon les lois de l’asile, partout appliquées dans le monde.

Fait insensé : ils ont eu l’audace incroyable d’ accuser les Bretons d’être les agresseurs, alors que ce sont eux, qui ont préparé l’invasion de la Bretagne depuis des années, et qui ont déversé sur le pays leurs hordes armées, au vu et au su de toute l’Europe indignée.  Ils ne cesseront d’user de cette accusation grossière jusqu’au mariage forcé d’Anne de Bretagne en décembre 1491, le pays étant alors, par leurs oeuvres, dans un total état de ruine. Nous allons étayer cette affirmation par des preuves extraites des archives, irréfutables, et qui ne seront certainement pas réfutées.

4 – Le bilan de cette année 1487, pour les Bretons, est catastrophique. En cette fin de campagne, on ignore, évidemment, encore, que les hostilités vont encore se poursuivre pendant quatre ans: des hostilités qui vont durer plus longtemps que la seconde guerre mondiale ! Les dégâts causés en Bretagne par les Français et leurs complices bretons, sont déjà énormes.

 Un certain nombre de villes, importantes, sont entre les mains des ennemis français : d’après Jaligny (Jaligny, Godefroy page 40 )(voir Pélicier, page 138 +…) : Au nord : Saint-Malo, Dol, Chatillon, A l’est : Vitré, Saint-Aubin-du-Cormier,Au sud : Clisson, A l’ouest : Vannes, la Guerche, Au centre : Redon, Ploërmel.

La France détient donc deux villes portuaires, plusieurs villes frontières de l’est du pays, et deux villes au centre de la Bretagne. Elle est donc en situation, à partir de ces bases, de poursuivre la guerre à son avantage, quand elle le voudra. 

Le retour du maréchal de  Rieux vers son souverain, lui ramène Ancenis et Chateaubriand. Mais pas pour longtemps : dès l’année suivante, les armées françaises, très nombreuses (12 000 hommes). l’homme va désormais combattre la France, mais dans son intérêt, car son but est de s’emparer du pouvoir au gouvernement. Ce que nous allons démontrer par le menu dans le chapitre suivant – ou dans le livre qui s’écrit actuellement.

Les villages, campagnes, champs, les pillages. Les forteresses, forts, châteaux.

Le bilan de cette première campagne est désastreux : les forteresses de Ploermel, de Vannes, de Nantes, de Dol, de Saint  Saint-Aubin-du-Cormier, ont été attaquées, et extrêmement abimées par l’artillerie française. Les murs de Chateaubriand et d’Ancenis, sur ordre du roi de France, et de bien d’autres villes, vont être détruites.

Rohan et son frère le sire de Quintin ont reçu du Duc de pressantes invitations, dramatiques, à le rejoindre; en dépit du désastre dont ils sont les témoins et les complices, ils préfèrent continuer à trahir. Ils vont être, de leur propre fait, les auteurs de dégâts considérables. Ce pourquoi leur trahison a traversé les siècles, et leur nom encore très répulsif dans une grande partie de la Bretagne.

 Les Français, en se retirant, ont laissé de fortes garnisons dans les villes en leur possession. Ils repartiront à l’assaut dès le mois d’avril 1488, avec des effectifs considérables. Le nombre de morts est très élevé. Les petites villes, les villages, ont été pillées, détruites. Les récoltes ont été pillées, incendiées, détruites. Si les Français reviennent, la Bretagne, cette fois, ne sera plus en mesure de se défendre. C’est ce qui va d’ailleurs se produire.

5 – La stupidité des traîtres Bretons.

Les traîtres sont souvent des imbéciles. Quels crimes a commis la Bretagne ? C’est là qu’est le drame : AUCUN.

Les Bretons, chicailleurs perpétuels, incapables de s’entendre sur rien, ont, cette fois, commis plusieurs fautes insensées. Il se sont jetés dans les bras de leurs ennemis féroces. Ils auraient du savoir ce qui les attendait. Rohan, de son côté, avec sa clique, dans le but de s’emparer de la couronne de Bretagne, à la mort de son beau-frère le duc François, ou d’en avoir le bénéfice en mariant ses fils aux deux princesses héritières, a rejoint les Français. En faisant confiance à leurs ennemis héréditaires, ils ont non seulement signé leur perte mais aussi celle de leur pays. Alain Bouchard résume en une formule cruelle la situation :

 

 

Chaque année de guerre va ajouter des souffrances aux souffrances.  En 1488, cette lettre du duc François, extraite des archives ducales décrit la situation effrayante qui va s’aggraver jusqu’à ce que le pouvoir français, dans des correspondances désormais connues  – sauf sans doute des agrégés et des docteurs comme Poignant et Le Drian et quelques autres –  appellent « la totale réduction de la Bretagne », expression particulièrement abominable, qui les condamne sans appel :

« Les Français, nos ennemis et adversaires sont entrés dans notre pays et duché …. Ils nous ont fait la guerre, et continuent encore à la faire; ils ont occis et mis à mort  nos sujets et ceux de notre parti, tant gens de guerre, que femmes,  veuves, petits enfants et autres; ils ont pillé les églises, violé des femmes et des filles, et se sont rendus coupables de grands et exécrables maux, oppressions, violences inhumaines et dommages sur nos sujets, tendant à la conquête et à notre destruction, de notre pays et des nos sujets, s’ils l’avaient pu faire, et sils pouvaient le faire ». 

(Laurence Moal publie aussi ce terrible document dans son livre recommandé maintes fois, intitulé « L’étranger en Bretagne », page 166, PUF Rennes 2008, page 166. Comme je le fais toujours, je le traduis en français moderne, afin que l’abomination qu’il exprime soit parfaitement comprise).

Les négationnistes de l’histoire de la Bretagne. La falsification de l’histoire par les « hystoriens » bretons.

En terminant ce chapitre, qui n’est que le premier de la longue guerre qui va encore se poursuivre pendant quatre interminables années – un calvaire effrayant pour la Bretagne et ses populations – il est nécessaire de revenir sur ces phrases invraisemblables d’ « universitaires » bretons, qui non seulement n’ont rien fait pour révéler la vérité historique, mais ont enfoncé inlassablement les clous pour la dissimuler : je vais non seulement citer leurs écrits, mais citer leurs noms : ….

Quelle maladie mentale peut conduire un historien universitaire, pourvu de titres officiels, à écrire des sottises sur l’histoire de son pays, alors que toutes les archives sont ouvertes à tous, comme on vient de le voir, en lisant les documents que j’ai cités ? J’ai beaucoup écrit sur ce sujet, et été interviewé par plusieurs médias – étrangers, bien sûr, notamment russes. La perversion de l’histoire est un phénomène parfaitement connu, qui obéit à plusieurs facteurs : le contrôle du discours historique par le plus fort (ici : le colonisateur français); le carriérisme des postulants aux titres, postes, fonctions, salaires et autres avantages que produisent la soumission au plus fort; l’idéologie ( pour les marxistes, l’histoire commence en 1789, voire en 1917 ! Quelle économie d’énergie : ils sont ignares !); le mensonge conscient pour induire les victimes du discours remanié à adopter les idées des faussaires et des falsificateurs; la peur des sanctions de ceux qui détiennent le manche du marteau … Lisez l’excellent livre de Bourde et Martin …  Paradoxe : l’ignorance. Un historien spécialisé dans une période déterminée (Le Fur, moderniste, etc.), peut ignorer, même docteur, tout du reste !

Le pire du pire : interdire à tout un peuple d’avoir accès à son histoire nationale, en interdisant son enseignement, en ostracisant ceux qui tentent de l’écrire, et surtout en remplaçant l’histoire des peuples et des nations par celle du colonisateur. Dans ce domaine, la France a agi en spécialiste, avec une mauvaiseté et une mauvaise foi exemplaires.

C’est ainsi que des millions de petits Bretons – dont je fus – eurent la cervelle lavée et délavée par l’enseignement obligatoire des écoles dites « républicaines ». Jusqu’à près de trente ans, je me crus français. Mais je devins une autre personne,  en découvrant ma véritable identité : de petit plouc de Basse-Bretagne que j’étais, je devins peu à peu un homme. On voit que cela n’a pas trop mal réussi !

Je me suis assuré en Bretagne que ce texte a été « sécurisé », et que ceux qui ont tant fait pour dissimuler la vérité ne puisse plus rien faire dans ce domaine.

JE NE DECOLERE PAS.

 

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LA FASIFICATION DE L’HISTOIRE DE LA BRETAGNE (extraits du Blog de Louis Mélennec)/

 

Se peut-il que des « hystoryens » bretons, dont plusieurs sont pourvus des titres de « docteur » et d’agrégé » aient falsifié notre histoire nationale, au point d’oser écrire des contre-vérités surprenantes, jusqu’à aujourd’hui ? Les voici, d’une manière non limitative :

La nation bretonne n’existe pas, et n’a jamais existé (Minois);
La nation bretonne a été inventée par les « folkloristes » du 19ème siècle (idem);
La Bretagne a toujours fait partie de la France; les ducs de Bretagne l’ont reconnu en prêtant hommage de soumission au roi de France;
La Bretagne du moyen-âge ne met pas en cause son appartenance au royaume de France (Incroyable mais vrai; cette phrase est de Kerhervé, in Le Moal, préface, page 9).
La Bretagne n’est juridiquement pas un Etat : « Elle fait figure d’Etat, non de droit, mais de fait (le même, mêmes références, incroyable mais vrai).
Le concept de nation bretonne a été « fabriqué » de toutes pièces par le clergé et les clercs de l’entourage du Duc, pour mieux exploiter le peuple breton (Minois).
« L’idée de nation indépendante, n’a pas de sens au xve siècle » (incroyable mais vrai : cette phrase est de l’ignare Alain Croix, l’express, 24 juillet 2008).
– Les nobles et le clergé bretons se sont servis de ce concept dans leur seul intérêt; la nation bretonne n’existe pas, ils l’ont fabriquée pour l’exploiter (!);
Le sentiment national n’existe en Bretagne, et encore tout balbutiant, que depuis le 15ème siècle (Kerhervé, Aux origines du sentiment national);
La Bretagne n’a jamais été indépendante, mais a « joué » le jeu de l’indépendance », s’attribuant des prérogatives souveraines qu’elle n’avait pas (Kerhervé, récidiviste, entre autres, parle de « pratique indépendantiste », et de « ducs quasi-souverains »; Alain Croix, L’Expess, 2008);
– L’hommage du duc de Bretagne au roi de France est un acte de soumission, par lequel le duc reconnait qu’il « tient » son Duché du roi de France, et que lui et les Bretons sont ses sujets;
– Les invasions de 1487 à 1492 sont de simples opérations de police, par lesquelles le roi de France a obligé la Bretagne, vassale indocile, à obéir à son maître, le roi de France …
– La Bretagne a « sollicité » (sic ! ) sa « réunion » à la France, librement et de son plein gré, en 1532 (Pocquet, tome V, 14 et suivantes);
– La Bretagne et la France ont toujours battu d’un même coeur, et étaient prédestinées à s’unir d’amour tendre (Gabory, Pocquet), de telle sorte que « l’union » des deux pays a été une opération de génie (Poquet, IV, page 583, et surtout tome VI, page 22), bien pire : un « mariage d’amour » (sic !)
– De Frédéric Morvan, agrégé et docteur, cette question incongrue : « La Bretagne a-t-elle été indépendante au moyen âge « ? Réponse d’un lecteur stupéfait : « Cher Maître, Le soleil a-t-il brillé ? La pluie a-t-elle mouillé ? L’eau qui bout sur le feu a-t-elle été chaude ? »
– L’annexion de 1532 est un acte « génial », par lequel la Bretagne entre dans la Grande Patrie (!), « dont elle complète si heureusement l’unité territoriale et politique » (Cette phrase invraisemblable est de l’inénarrable Pocquet, tome VI, page 22).
– L’Union de la Bretagne est de la France est un « mariage d’amour ». Sic ! Refrain souvent entendu. Entre autres « hystoriens » bretons : Gilles Martin-Chauffier, assurément non historien, mais romancier. C’est ce qu’on nous apprenait autrefois au lycée, sans aucune autre précision pour nous faire avaler la « pilule ». Ce fut, en réalité, une haine réciproque et féroce.
– Le pire du pire, sous la plume de Bernard Poignant, tout ce qu’il y de plus agrégé en histoire :  « l’édit d’annexion de la Bretagne en 1532, fut signé par Anne de Bretagne « ! Or, celle-ci, férocement attachée à l’indépendance de son pays, …. était morte en janvier 1514, soit DIX-HUIT ANS AVANT L’ANNEXION. Ce bon monsieur conseille actuellement le locataire actuel de l’Elysée : voyez la catastrophe ! Ferait-il partie de « l’équipe de brêles » dénoncée par M. Strauss-Kahn, et de la cohorte dirigée par le « capitaine d’une équipe de pédalos », selon M. Mélenchon ?
Cliquer ici, pour en savoir plus : https://www.youtube.com/watch?v=IVvOXJYpm3E

 

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NOTES  ET References.

 

tout ce qui suit sera mis en ordre et classé;

( )Le pardon du duc. Trahi, le duc est sûrement  furieux. Mais que peut-il faire pour récupérer ses troupes ? Il leur pardonne, selon une habitude de tous les princes du temps. Il est incompréhensible, pour nos mentalités modernes, de comprendre que des hommes qui méritent la potence, puissent obtenir le pardon après des crimes de cette gravité. Il est sage, à cette époque, d’accepter la reddition des seigneurs qui ont conduit le pays dans ce désastre. Le duc, certainement non sincère, fait semblant de leur pardonner. L’avantage de cette attitude : attirer à lui ses transfuges, et se servir d’eux pour combattre les Français.

Nous verrons aussi que sa fille, Anne de Bretagne, sera bien obligée de faire semblant, elle aussi, de pardonner à ses ennemis Bretons, notamment à Jean de Rohan son oncle..

 

 

() Cardinal de Foix. La présence de ce prélat du midi de la France surprend, à Nantes est très naturelle. La famille de Foix est une famille royale. Elle est alliée à toutes les familles régnantes du nord de l’Espagne. Le duc Jean IV, rappelons le, épousa en son temps une infante, la fille du roi de Navarre.  

() Avidité de la soeur du roi.En 1488, l’année suivante, après la sanglante défaite de Saint-Aubin-du-Cormier, cette femme avide, devenu la femme la plus riche du royaume, ne cachera pas cette volonté d’annexer Nantes à ses immenses propriétés, et n’en sera dissuadée que par le conseil du roi ..

 

(Lepage et Nassier, L’Union, pages 73 et suivantes).

 

()En 1489, le roi entretient 2400 « lances », avec des archers, à raison de 10 sols par jour, soit une dépense de 432 000 livres. Cet effectif est presque dix fois supérieur à celui des Bretons.

 

() Les seigneurs « bretons » débauchés par Louis XI : La Borderie, IV, 467. Lobineau, I, 707, 711. Morice, preuves III, 150, 151.

 

(35) AUTRES LETTRES.

LETTRE DE LA DUCHESSE ANNE, du 16 mars 1489 (Morice, Preuves III, page 627).

LETTRE DE LA DUCHESSE ANNE DE BRETAGNE, du 27 juillet 1489 (Morice, Preuves, page 648) : « les Français, nos ennemis et adversaires depuis longtemps ».

 » Anne, par la grâce de Dieu,Duchesse de Bretagne, Comtesse de Montfort, de Richement, d’Etampes et de Vertus, à tous ceux qui liront ces lettres, Salut !

 » Depuis longtemps, LES FRANCAIS , NOS ENNEMIS ET ADVERSAIRES, sont entrés avec violence dans notre pays et Duché de Bretagne, nous ont fait, nous font font encore la guerre, ayant, eux et ceux qu’ils ont ralliés à eux, fait DE GRANDS ET ENORMES EXCES, DES MAUX EXECRABLES, DES DOMMAGES considérables à plusieurs de nos bons,vrais, loyaux sujets et ardents serviteurs de notre pays …. », etc

LETTRE DU MARECHAL DE BRETAGNE, JEAN DE RIEUX, Commandant en Chef des armées bretonnes, du 27 juillet 1489 (Morice, Preuves, III, page 647) « Chasser et débouter hors de ce pays et Duché, les Français et ennemis « .

 » Jean, sire de Rieux, de Rochefort et d’Ancenis, Lieutenant Général de la Duchesse notre Souveraine Dame, et Maréchal de Bretagne, à tous ceux qui liront ces lettres, Salut !

 » Comme bien avant ce moment, et depuis le début des différents actuels, et les divisions de guerre, EN VUE DE CHASSER ET DEBOUTER ( = bouter dehors, expulser) hors de notre pays et Duché de Bretagne, LES FRANCAIS, ENNEMIS ET ADVERSAIRES de madame la Duchesse, qui sont entrés par la force armée dans notre pays, ET S’EMPARENT ENCORE CONTRE SA VOLONTE PLUSIEURS VILLES ET PLACES FORTES, entre autres son château de Brest …. »

 

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