ANNE de BRETAGNE et son père le duc FRANCOIS II

LE DUC DE BRETAGNE FRANCOIS II.

 

Le présent article est en cours de rédaction. Il sera complété en temps utile.

François II continue à être dénigré dans les publications récentes. On lui fait grief, habituellement, d’avoir été un jouisseur incapable, et d’avoir été largement responsable du malheur de la Bretagne, à cause de ses insuffisances. Bien que le problème breton ait été l’une des grandes affaires européennes de la fin du 15ème siècle, et même si la Bretagne de ce temps apparaît à tout moment comme l’un des acteurs majeurs de cette époque, le souverain breton, qui fut l’ennemi déclaré de la France, et surtout de son roi Louis XI, n’y apparaît guère que comme en filigrane, comme s’il était absent, ou comme s’il n’y avait joué qu’un rôle secondaire.

1 – L’arrivée au pouvoir.

Après la disparation de Jean IV, dit «le Conquéreur », mort en 1399, se succèdent sur le trône breton quatre ducs issus de lui et de sa troisième épouse, Jeanne de Navarre, fille du roi de Navarre Charles le Mauvais :

Jean V, dit le Sage, né en 1389, duc de 1399 à 1420 (La Borderie, 4, 136).

François Ier, fils du précédent et de la princesse Jeanne de France, né en 1410, duc de 1420 à 1450 (La Borderie, 4, page 305).

Pierre II, également fils de Jean V, né en 1418, duc de 1450 à 1457 (id).

Arthur III, dit « le Justicier », fils de Jean IV et de Jeanne de Navarre, sa troisième épouse. Né le 24 août 1393 au château de Suscinio, il meurt en décembre 1458 à Nantes, après un règne très bref. Il fut nommé connétable de France par Charles VII, en 1425, en vertu de l’alliance de la Bretagne et de la France.

Rien ne prédestine François, modeste comte d’Etampes par la mort de son père, Richard, quatrième fils de Jean IV, à devenir duc de Bretagne. C’est par un hasard assez singulier que les trois ducs qui le précèdent sur le trône breton n’eurent pas de fils survivants, et que François d’Etampes devient le plus proche parent mâle du duc Arthur III.

Né en 1435 au château de Clisson, François est le fils de Richard, comte d’Etampes et seigneur de Clisson, lui même fils de Jean IV. Sa mère est Marguerite d’Orléans. Il est donc le petit fils de Jean IV le Conquéreur, fondateur de la dynastie des Montfort. Voué à un destin médiocre, n’ayant par ailleurs aucune qualité remarquable qui lui permette de briller, dans aucun domaine, en particulier dans le domaine des armes, il ne doit son accession au trône de Bretagne, après la mort des trois ducs précédents, qu’au fait qu’ils n’ont pas eu de postérité masculine.

2 – Enfance, adolescence.

Il est d’usage, à l’époque, que les grands – et plus généralement les seigneurs -, attirent à leur cour et dans leurs châteaux les fils de leurs vassaux. Ceux-ci sont placés sous leur surveillance, y sont éduqués, y apprennent le métier des armes, et deviennent clients et vassaux à leur tour. Leur fidélité est récompensée par le suzerain, par des bénéfices, en terre, en argent, en dignités. Le comté d’Etampes appartient au roi de France. A la mort de son père, François est investi de ce comté.

En bonne logique, son cousin le duc François Ier, fils de Jean V, ayant eu deux filles, l’ainée, prénommée Marguerite, aurait du succéder à son père sur le trône de Bretagne. Mais le traité de Guérande – qui n’est rien d’autre qu’un traité, à une époque où les traités n’ont pas plus de valeur qu’une feuille morte -, le duc préfère, par prudence, écarter celle-ci – avec le consentement des Etats de Bretagne -, et la promettre à son cousin François d’Etampes, qui réunit ainsi sur sa tête les droits des Montfort, en sa qualité de petit fils de Jean IV, et de mari de la fille ainée du duc régnant. Combinaison habile, car le jeune François devient duc par l’hérédité, par sa femme, par le consentement de son beau père et celui de l’assemblée nationale des Bretons, les Etats de Bretagne : cette succession est largement consensuelle. Son règne est très long. Il meurt, le 9 septembre 1488, à Couëron, six semaines après la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, au cours de laquelle les armées bretonnes sont détruites par les armées françaises. 

Il est couronné dans la cathédrale de Rennes, dans les formes habituelles.

3 – Ses mariages.

François d’Etampes se marie deux fois. En 1455, le duc François Ier étant décédé le … son cousin Pierre II, duc régnant de 1450 à 1457 lui fait épouser sa nièce, Marguerite de Bretagne, fille de François Ier. Elle lui donne un fils, prénommé François, comme son père, mais il décède prématurément. On ne connait pas grand chose de sa première femme.

En 1471, alors qu’il est duc depuis 1458, il se marie en secondes noces avec Marguerite de Foix, petite fille du roi d’Aragon, fille du puissant comte de Foix, et de sa femme la reine de Navarre.

Il est important d’observer que les alliances matrimoniales des souverains bretons se situent au plus haut niveau : ils ne sont pas de vulgaires vassaux des rois de France, mais leurs égaux. Le duc Jean IV de Montfort épouse en premières noces la fille du roi d’Angleterre, en troisièmes noces la fille du roi de Navarre. Son fils Jean V épouse la fille du roi Charles VI de France, alors le souverain le plus puissant d’Europe. François Ier épouse la fille du roi d’Ecosse Jacques Ier ; Arthur de Bretagne épouse la sœur du très puissant duc de Bourgogne, Philippe le Bon ; François épouse la fille de la reine de Navarre, etc. Les ducs de Bretagne sont bien loin d’être les souverains crottés que l’historiographie française a voulu donner d’eux : ils sont rois dans leurs duchés, comme le roi de France est roi dans son royaume, et non le vassal de l’empereur du Saint Empire.

(A suivre …)

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