THEORIE DES NATIONS, LA NATION EST UN DROIT DE L’HOMME par Louis MELENNEC

Cet article, publié sur la toile, a été piraté, et a disparu.

Mais la providence veille : des patriotes bretons l’ont sécurisé, et le voila en train de réaparaître, amélioré, et peut-être enfin terminé – si Dieu le veut.

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INTRODUCTION A L’ETUDE DES NATIONS, DE LA NATION BRETONNE EN PARTICULIER.

 

Nous vivons un drame mondial. Alors que tous les citoyens du monde, quelle que soit leur volonté de s’ouvrir aux autres – la très grande majorité des hommes et des femmes ne souhaitent que vivre en paix, tout en pratiquant leur culture, dans le respect des valeurs dans lesquelles ils croient -, des hommes de l’ombre, souvent des financiers, peu nombreux font un rêve insensé : détruire les cultures et les civilisations, abattre les frontières, en un mot : détruire les nations. Avant eux, il y a eu les délirants communistes, qui ont tué plus de cent millions d’innocents, sur le fondement d’ idéologies du même type, là ou tous sont viscéralement attachés, comme à une mère et à un père à la fois : leur pays. La France est avancée dans cette oeuvre de destruction, par l’action de « politiques » qui disposent de tous le moyens pour manipuler les esprits, mais dont on se demande s’ils sont sains d’esprit, ou si ce sont des sujets psychiatriques relevant de la camisole de force. Ces êtres d’un nouveau type, cosmopolites, polyglottes, n’ont plus de racines ni d’attaches. Riches de leurs fortunes, ou des privilèges financiers qu’ils se sont attribués par leur participation aux systèmes maffieux dans lesquels ils ont plongé les mains, il leur suffira de prendre l’avion pour aller se dorer les orteils dans l’une de leurs somptueuses propriétés au soleil (à Saint Barth, aux Seychelles ou ailleurs), lorsque les troubles deviendront intolérables en France.

Il y a trente ans au moins que les Français, déprimés et anxieux, parlent tous les jours de guerre civile : les attentats sont là, et se multiplient. En 2017, enfin, nous y voilà !

Il faudrait dresser un sottisier des nations, comme nous l’avons fait pour les langues, et pour les injures antibretonnes. On y lirait des choses étranges.

Lite : le sottisier des langues, par Louis Mélennec, article publié sur la toile.

Nombre d’auteurs soutiennent qu’il est impossible de définir ce qu’est une nation. D’autres qu’il est impossible d’élaborer une théorie générale des nations. D’autres que l’existence des nations au cours de l’histoire de l’humanité a été la cause principale de ses malheurs, tant il est vrai que les conflits les plus meurtriers ont opposé les nations les unes aux autres. Les nations n’existent pas, selon certains. Pour les marxistes, les nations sont une création de la bourgeoisie, dans le seul but – ne riez pas ! – … d’ exploiter les masses populaires (!); il faut donc de les détruire. Les nations sont une création des auteurs du 18ème siècle, voire du 19ème, disent les uns. L’agressivité serait un élément constitutif des nations, disent les autres : elles ne servent qu’à fomenter des contentieux et des guerres; selon les mondialistes, on doit les détruire.

L’avenir est à la création d’une autre espèce humaine, l’homme nouveau (le modèle en est inconnu pour le moment : lequel choisir ? L’Etat français hésite entre François Hollande et Jean-Marc Ayrault, les plus brillants spécimen humanoïdes que l’on ait connus depuis des siècles. Pour comprendre ce que sera l’homme nouveau, et ce à quoi le monde est exposé, écoutez, réécoutez, et éclatez vous, car plus que jamais, nous avons besoin de distractions

http://www.programme-tv.net/videos/zapping/9583-ayrault-hollande-le-copier-coller-le-petit-journal/

S’agissant de la nation bretonne, c’est un véritable festival : la nation bretonne ne peut exister, puisque les nations sont « apparues » après le 16ème siècle, et qu’à cette époque, la Bretagne a été absorbée par la France : impossible que la nation bretonne ait une existence quelconque, puisque la Une et Indivisible occupe tout le territoire hexagonal, et que même le Conseil d’Etat l’affirme et l’a affirmé, pour empêcher la reconnaissance des langues dites « régionales », et dans d’autres circonstances (observez ici que la langue bretonne n’est pas une langue régionale, mais une langue nationale, l’idiome des Bretons, bien avant que les Français en ait un).

Etc  ..

Parmi les « auteurs » « Bretons » – ou soit-disant tels -, spécialistes des contre-vérités, la palme revient à Georges Minois, docteur en histoire et agrégé (lui aussi, comme le Drian, Poignant et quelques autres), qui écrit textuellement dans son livre consacré à Duguesclin, publié en 1993 à Paris : la nation bretonne n’existe pas, c’est une invention des folkloristes du 19ème siècle; le sentiment national breton n’existe pas, c’est une invention de l’entourage du duc de Bretagne; le patriotisme breton n’existe pasla Bretagne n’est pas un pays indépendant, elle fait partie de la France ; au moyen âge, les Bretons et le duc sont sujets de leur voisin, rien d’autre; il n’y a aucune différence entre les Bretons et les Français,  sauf le « patois » (!) parlé dans l’Ouest de la péninsule !

La « totale », en somme : on se pince, on croit avoir mal lu, non, c’est bien ce que ce bon docteur-professeur a écrit ! (Voir ci-après, dans la bibliographie, les citations et les références) : pour Minois, la nation bretonne, c’est une affaire de gros sous, mise en forme pour ceux qui peuvent en profiter : le Duc en son palais, les nobles en leurs châteaux, les évêques et les abbés en leurs manoirs épiscopaux et abbatiaux : on fait croire au bas peuple qu’il est une nation, on l’exploite, on le pressure, on l’avilit, on l’accable d’impôts ! Et le tour est joué. Incroyable, mais vrai.

(Si vous ne pouvez croire que de telles sottises aient été écrites par un Breton, reportez vous au mauvais livre écrit par cet auteur chez Fayard, en 1993 : Georges Minois, Duguesclin, pages … et suivantes).

Alors que la quasi totalité des êtres humains se définissent notamment par leur identité nationale, et y sont extrêmement attachés, des hommes de l’ombre prennent, sans les consulter, des décisions en totale violation de ce que sont les désirs des êtres humains, quant au maintien de cette identité.

L’article qui suit a pour objet d’être et de devenir une pièce majeure dans la reconstruction de la nation bretonne, mentalement en charpie depuis la Shoah de 1789, mais en pleine renaissance. Pas seulement la nation bretonne. Qu’on ne s’y trompe pas : sa portée est générale, elle concerne toutes les nations du monde. Celles qui sont persécutées par les Etats « centraux » qui se sont emparés d’elles, vont y trouver des éléments précieux pour analyser leur propre situation, et pour faire évoluer leur propre statut.

Quelle prétention, allez vous dire ! Et bien : que cela soit ! tant pis pour les pleurnicheurs.

La définition du concept de nation répond à un besoin impératif, non pas seulement pour la Bretagne, non seulement pour la France, non seulement pour l’Europe, mais pour la planète : c’est un besoin mondial. La France, notre voisine de l’Est, ayant détruit nos institutions bretonnes en 1789, a eu l‘audace, s’affichant dans le monde entier comme l’inventrice des droits de l’homme, (vous avez bien lu : l’inventrice des droits de l’homme !) pendant tout le 19ème siècle, et une grande partie du 20ème siècle, de nous humilier, de nous trainer dans la fange, de laver le cerveau de nos enfants dans les écoles et les médias entièrement colonisés et maîtrisés par elle. Cette effroyable manipulation avait produit des effets désastreux : au bout d’un siècle de ce régime meurtrier, la langue était largement en voie d’anéantissement, et les Bretons, privés de leur culture et de leurs traditions, se sont crus français, ce qu’ils ne sont pas. Des millions de pauvres hères, n’ayant aucun moyen d’accéder à la vérité, se sont laissés persuader que cela est vrai. Le crime était presque parfait.

Nous sommes entrés dans une autre phase de notre histoire : celle de la vérité. Les complices de ce crime continuent : mais ils sont maintenant désignés par leurs noms. les principaux ont eu accès à leurs fonctions par des « élections », en réalité par un processus résolument non démocratique, entièrement contrôlé par les brêles de Paris, c’est-à-dire par les états-majors des quelques partis qui contrôlent toutes les prébendes de l’Etat français, tous les fromages de la république. Nos « élus » y plongent résolument leurs museaux : aujourd’hui, presque toute la Bretagne connait ce jeu infect.  Certains ont même accepté – erreur fatale à notre époque où les malversations françaises en Bretagne sont déversées partout sur la toile  – d’accepter ces misérables hochets pour nourrissons : des « portefeuilles »  à la table aujourd’hui si méprisée, que l’on nomme « le gouvernement français des pieds nickelés », mieux : le gouvernement des pédalos et des brêles, selon M.M. Mélenchon et Strauss-Kahn.. L’idée que nous plaidons avec fermeté depuis au moins trente ans, est qu’ils soient jugés, très sévèrement encore, lorsque le temps viendra. Cette idée progresse. Leur exploit de 2014 – leur lâcheté dans l’affaire de Nantes et de la Loire Atlantique, qui représentent 33 pour cent de notre richesse nationale, laissées par des magouilles entre les mains de magouilleurs – les désigne maintenant à l’opprobre générale.

D’autres « Bretons », à la faveur de ce que l’on appelle l’« entrisme », s’étant créés des relations putassières dans les « institutions » qui contrôlent toutes les carrières, sont devenus « docteurs » de l’université, et même « professeurs agrégés », à la faveur de leur docilité, de leur ignorance, et surtout de leur aptitude à courber l’échine. En Chine, jusqu’au début du 20ème siècle, les misérables sujets de sa majesté présentés à l’Empereur, le fils du ciel, quel que fût leur rang, étaient punis de sanctions graves, s’ils osaient le regarder dans les yeux. Ils devaient s’incliner neuf fois la tête contre le sol, et frapper violemment le front sur les carreaux, la violence des chocs étant réputée prouver l’importance de leur soumission d’esclaves du pouvoir. Le « kowtow » n’a pas existé en Bretagne sous cette forme physique, mais ce fut pareil, sinon pire, la soumission mentale, non exprimée de cette manière, étant un poison infusé dans de très nombreuses têtes. Les Bretons d’aujourd’hui ont évolué, mais sont encore trop timorés dans l’expression de leurs revendications : depuis 1789, année de la Shoah bretonne, ils n’osent plus rien d’important, alors que tout pourrait changer en un instant.

 

Lire par Google,  impérativement, pour savoir quel jeu répugnant jouent les élus » « bretons » par Google : Le Drian interdit le drapeau breton, et encore  : banderolle-nantes-bretagne-interdite-lors-de-grande-parade : ces scandales sont monstrueux : les envahisseurs, les colonisateurs, les assassins de Nantes et de sa région prétendent nous interdire de dénoncer leurs crimes de criminels, et les honteuses complicités dans notre pays …

 

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Le sujet traité ici  a déjà été évoqué sur la toile en 2008, sous le titre : Nation française, nation bretonne, l’effroyable imposture de 1789, dans l’un de mes blogs. Il est nécessaire d’y revenir, et de l’intégrer dans une théorie générale des nations, dont tous ont besoin, en Bretagne, en France, dans le monde.

On sait que, pour notre malheur, le pays des droits de l’homme a réussi de 1789 à aujourd’hui, à « avoir la peau » de notre langue ancestrale : elle est quasi morte, des oeuvres de ce merveilleux pays, et va mourir, par l’inaction criminelle de nos « élus » : parlée par 1,6 million de personnes en 1860, dans toutes les campagnes de Bretagne de l’Ouest, et dans la plupart des villes, elle n’est aujourd’hui la langue, non exclusive, que de moins de 100 000 locuteurs : lorsqu’il faudra nous rendre des comptes, quel terrible résultat ! Mais même lorsque la Bretagne aura récupéré tous ses droits nationaux et internationaux, le mouvement ne pourra être inversé. Les Bretons n’ont pas la volonté des Juifs, et ne reconstruiront pas leur langue, comme ils l’ont fait. Du temps qu’il a été président du conseil régional de Bretagne, Le Drian a créée 40 bourses, là où nous perdions 10 000 locuteurs par an. (Ces chiffres sont à parfaire, le résultat mathématiquement exact ne changera rien à ce constat). Les élus – surtout pas Lebranchu -, n’ont rien fait pour enrayer ce désastre. Le Fur et Molac ont été roulés dans la farine, et se sont laissés faire, et ne valent pas mieux. (D’ailleurs, ont-ils été trompés par les Français, où bien étaient ils complices de la supercherie ?)

Lire, par Google : Mélennec, l’assassinat de la langue bretonne.; mélennec Lebranchu; mélennec Le Drian, Le Fur, Molac  …

Le présent article apporte indiscutablement du nouveau : non seulement il analyse ce que sont les nations – ce que d’autres auteurs ont fait avant lui -, mais il procède à cette analyse d’une manière beaucoup plus complète que jusqu’à présent. Il démontre, ce qui ne faisait pas encore partie de la littérature consacrée au sujet, que les nations sont antiques, qu’elles ont existé depuis la plus haute antiquité, et sans doute avant. Ce que ne savait pas Ernest Renan, en dépit de son importante contribution à la définition du concept de Nation. Pire pour la Une et Indivisible, qui est une nation très tardive, accouchée par le forceps; elle n’existe pas encore au 11ème siècle, alors que le peuple breton est identifié et décrit avant notre ère, notamment par Jules César, qui a séjourné en Bretagne au premier siècle avant Jésus-Christ, et a combattu les Bretons, décrit leur incroyable combativité, et leur civilisation. (Cétait 2000 ans avant Le Drian, Le Fur, Lebranchu et autres). Pire encore : la Gaule, que d’aucuns ont voulu considérer – à toute force – comme l’ancêtre de la France (« En ce temps là, ont appris des millions de petits écoliers dont la troisième république a bourré les méninges, la France s’appelait la Gaule », a écrit Lavisse dans sa petite histoire destinée à mentir aux écoliers), n’existe ni comme pays, ni comme patrie, en aucun cas comme nation ou comme peuple (voir plus loin) : c’est un simple espace géographique, au même titre que l’Afrique, le Moyen-orient, l’Amérique du sud. Très probablement, la langue gauloise n’a pas davantage existé que la langue indo-européenne, dont nous sommes censés être les lointains héritiers. Tous, formatés par le lavage des cerveaux imposé aux populations par le canal des écoles de la troisième république (française), ont appris par coeur ces fables ridicules  : que le peuple français n’était rien d’autre que le peuple gaulois, que la France comptabilisait au moins deux mille ans d’histoire, et que le baptême de Clovis était la fondation du premier Etat français. Le général de Gaule, formaté comme les autres, a cru à ces fariboles : quelle chute pour l’orgueil de ceux qui ont interdit aux Bretons de s’intituler nation, alors que ce peuple a au moins mille cinq cents ans d’antériorité sur les Français. Nous sommes maintenant en plein ridicule, cette affaire ressemble à un vaudeville, les Bretons, si cruellement humiliés depuis des siècles, sont enfin vengés par l’avènement de la vérité. (Sur ces points : Godineau, le dossier Vercingétorix, page 256; Maurice Aghulon, cité par cet auteur; Godineau, regard sur la Gaule, voir la bibliographie ci-après).

Ainsi, au terme de cet exposé, les imposture des délirants de 1789 auront volé en éclats. Ce n’est pas rien ! Nous en revendiquons, non pas la paternité exclusive, mais d’avoir joué un rôle essentiel pour en apporter la preuve aux Bretons, et panser des plaies encore saignantes.

 

A – LES CRITERES CLASSIQUES DE LA NATION…

La Nation se définit classiquement au moyen de plusieurs « critères » principaux, simples, et admis par tous les théoriciens, en première analyse en tous cas :

– La possession de longue date – plusieurs siècles, au moins – d’un territoire commun;

– l’usage d’une langue commune;

– la reconnaissance de valeurs communes, dont une religion unique, des lois, des principes moraux.

Le territoire commun.

La possession d’un territoire commun est quasi constante, au point qu’il n’y a guère de nation sans un territoire qui lui appartienne, qu’elle occupe, ou qu’elle revendique, dans les faits ou parfois d’une manière fantasmatique (la terre ancestrale, occupée par d’autres peuples, est inscrite dans le patrimoine mental du peuple spolié : l’exemple le plus spectaculaire est celui des Juifs, qui ne sont retournés chez eux que très longtemps après avoir erré dans le monde, et avoir été chassés de partout). De plus, il y a étroite parenté entre le territoire national et le nom par lequel on désigne le peuple qui l’habite : les Anglais pour l’Angleterre, l’Ecosse pour les Ecossais, les Catalans pour la Catalogne, les Chinois pour la Chine, les Bretons pour la Bretagne, les Corses pour la Corse …). L’amputation du territoire national par une puissance voisine, surtout si cette amputation a été faite par la force, sans le consentement des populations concernées, alimente des contentieux souvent féroces, qui peuvent durer des siècles, voire des millénaires. Les revendications territoriales se transmettent de génération en génération. On le voit un peu partout. Le cas le plus spectaculaire est celui d’Israël. Par la faute de ses « élus », la Bretagne n’a pas encore récupéré Nantes et sa région.

La langue.

Traditionnellement, on admet que les nationaux d’un même pays parlent sinon une langue unique, en tout cas une langue largement dominante. Cette identification par la langue est telle, que l’idiome parlé est souvent désigné par le même mot que la population qui le parle : les Bretons parlent le breton, les Anglais parlent l’anglais, les Catalans parlent le catalan, les Basques parlent le basque …

De nombreux théoriciens se maintiennent dans l’idée, aujourd’hui dépassée, que la nation se définit par sa langue, d’une manière exclusive. Nous allons voir que cette conception n’est qu’une approximation.

L’importance de la langue est telle, dans toute l’histoire du monde, que les peuples conquis se sont vus imposer, surtout à l’époque moderne, par des procédés multiples, souvent d’une cruauté extrême, l’interdiction d’user de leur idiome national, pour le remplacer par celui des tortionnaires qui les ont conquis. Cela a souvent réussi, à force de persécutions, comme en Bretagne. Mais là où le souvenir de l’histoire est resté, les tortionnaires sont détestés.

La religion, les valeurs et les croyances communes.

Les esprits se structurent, au fil du temps, par des principes et des valeurs, soit qui se dégagent d’une manière spontanée, soit par l’enseignement de prophètes, de philosophes, des sages souvent, des illuminés parfois ..

Les religions ont joué un rôle considérable dans l’histoire du monde, et dans la constitution des nations et des peuples. Elles énoncent des principes de vie. Elles recommandent, pour la plupart d’entre elles, des principes destinés aux individus pour conduire leurs existences .. Elles énoncent des interdits. Certains sont surprenants. On a appris par la télévision qu’en pays d’Islam radical, quiconque s’adonne à la musique, est transformé en singe ou en porc … comme on a pu le voir, à Brest, la municipalité trotskiste ayant trouvé cela fort bon pour ces « bretons » néo-formés, de jeunes musulmans.

Si un groupe humain possède son histoire propre, différente de celle des peuples voisins, il y a a toutes les chances que ce groupe humain soit une authentique nation. De ce point de vue, les Bretons, par rapport aux Français, sont largement gagnants. Les Français invoquent leurs ancêtres les Gaulois, Clovis, Charlemagne, Charles Martel, Hugues Capet, Saint Louis, Louis XIV … Tout cela est plus que tiré par les cheveux. Clovis n’a jamais été roi de France : ce petit chef Franc s’est taillé un empire par les armes, dont les limites territoriales préfigurent plus ou moins les limites de la France actuelle, voila tout. Charlemagne, à la tête d’un très vaste territoire correspondant, approximativement, à la France, à l’Allemagne, à la Lombardie actuelles, qui s’est désintégré au bout d’un siècle, n’a jamais pu s’emparer de la Bretagne, car il était un ennemi déclaré des Bretons.

Hugues Capet était Duc de France, son royaume effectif si petit, qu’il aurait pu en faire le tour à cloche-pied. Louis IX (connu sous le nom de Saint Louis), a été en guerre contre la Bretagne. Louis XIV est l’auteur des massacres bretons de 1675. Que voila, donc, une belle histoire commune !

On a voulu, par le lavage des cerveaux, après 1789, faire croire aux jeunes bretons que ces personnages étaient leurs héros nationaux. Leur cerveau, écrasé par le fer à repasser français pendant plus d’un siècle et demi, ils l’ont cru. Moi aussi. Quelle triste histoire, quelle histoire triste ! Mais ces héros baptisés « français », ont précisément été nos ennemis ! Presque tous ont combattu les Bretons, et envahi leur territoire. Notre histoire à nous, mélangée à notre mythologie, est pleine de merveilleux. Nos héros, aux noms si poétiques, s’appellent Gradlon, Conan, Morvan, Nominoé, Erispoé, Salomon … Ce ne sont en rien des français, par bonheur, mais des Bretons. Rien à voir avec Clovis, Charlemagne, et autres personnages, qui furent ignobles à la Bretagne de leur temps.

La mythologie précède les religions. Sa prise en compte est de première importance pour définir ce qu’est une nation. Les Bretons ont une mythologie très particulière, qui ne se confond en rien avec celle des Francs. Sur ce point, on lira avec intérêt ce qu’est la mythologie bretonne, infiniment riche : rien à voir avec la triste mythologie franque, infiniment pauvre et tardive.

Voir Louis Mélennec : mythologie des Bretons.

 

B  – CRITIQUE DES CRITERES TRADITIONNELS.

Ces critères, invoqués par de nombreux auteurs au 19ème siècle, sont insuffisants pour définir ce qu’est une nation.

Le critère du territoire commun.

Certains peuples itinérants, n’ayant ni appareil d’Etat, ni administration structurée, se déplacent au fil des saisons, du climat, souvent pour s’alimenter, pour recueillir les végétaux nécessaire à leurs troupeaux, n’ont aucun territoire propre. Les Juifs, très tôt dispersés dans l’histoire, n’ont plus eu de territoire commun dès le deuxième siècle. La diaspora juive est dispersée dans le monde entier. Le territoire Kurde est morcelé entre plusieurs pays : la Turquie, l’Irak, l’Iran, la Syrie, la Russie. Cependant, ces peuples sont d’authentiques nations.

Le critère de la langue unique. Il n’existe guère de nations dans lesquelles on ne parle qu’une seule langue, si ce n’est dans celles dans lesquelles – les îles, en particulier, ou les petits groupes humains de la forêt amazonienne, jamais en contact avec d’autres peuplades -, le territoire national est exigu, ou très exigu, et jamais pénétré par d’autres peuples. Cela sera de plus en plus vrai. Une langue internationale s’impose peu à peu, l’anglais. Les habitants de la planète seront donc contraints de parler au moins deux langues : leur langue maternelle, si elle existe encore, et la langue internationale. La France a éradiqué presque complètement la langue bretonne, la voila maintenant confrontée à une autre sorte d’éradication : l’internationalisme.

Au 19ème siècle, une controverse célèbre oppose deux auteurs réputés, l’allemand Mommsen et le français Fustel de Coulanges, sur le point de savoir si l’Alsace est allemande ou française. Le second écrit au premier :

…  » Vous croyez avoir prouvé que l’Alsace est de nationalité allemande, parce que sa population est de race germanique, et parce que son langage est l’allemand. La langue n’est pas le signe caractéristique de la nationalité. On parle cinq langues en France, et pourtant personne ne s’avise de douter de notre unité nationale. On parle trois langues en Suisse ; la Suisse en est-elle moins une seule nation, et direz-vous qu’elle manque de patriotisme ? D’autre part, on parle anglais aux États-Unis; voyez-vous que les États-Unis songent à rétablir le lien national qui les unissait autrefois à l’Angleterre ?  »

Considérée en elle-même, la langue ne définit donc pas une nation. En Bretagne, on a parlé plusieurs langues depuis de longs siècles : le breton (dans la partie ouest de la péninsule), le français (dans la partie est), le gallo, le latin . La Belgique reconnaît trois langues officielles : le français, le néerlandais, l’allemand. La Suisse possède quatre langues officielles : l’allemand, le français, l’italien, le romanche. Les Juifs, dispersés à plusieurs reprises au cours de leur histoire ont parlé, outre le yiddish (dans les pays allemands), les langues de leurs pays d’accueil, soit plus de cent langues au total. La France, toujours en retard en matière des droits de l’Homme, vient de refuser d’entériner la charte des langues dites « régionales » : encore son obsession des droits de l’Homme, qu’elle dit avoir inventés. Ce pays a assassiné la langue bretonne, à partir de 1789. De l’imbécillité à l’état pur, qui s’apparente à la destruction des merveilles archéologiques de Palmyre, de Mossoul et d’ailleurs.

L’éradication d’une langue par le colonisateur n’est pas suffisant pour tuer une nation, qui continue à vivre même si l’Etat colonisateur a tué la langue ancestrale. En Bretagne, la langue bi-millénaire a presque entièrement été détruite par la France, par des procédés barbares longuement décrits dans le  » Livre bleu de la Bretagne « . C’est un véritable assassinat. Mais les Bretons survivent en tant que peuple. Le sentiment d’appartenance de ce peuple est infiniment plus vigoureux que celui des Français, martyrisés, eux, par des gouvernement qui massacrent leur pays, génération après génération, depuis la fin de l’ère coloniale. Surtout depuis 2012, année durant laquelle une incompétence absolue s’est emparée du pouvoir, entre les mains de « brêles », pour moitié au moins, selon l’excellente formule de Dominique Strauss-Kahn, ou d’une équipe de pédalos, selon l’analyse de Jean-Luc Mélenchon qui, pour une fois, mérite le premier prix.

Le critère de la religion unique. Important à une certaine époque (un seul roi, une seule religion, selon l’adage : cujus regio, ejus religio), ce critère n’est plus d’aucune utilité pour définir une nation, excepté dans les pays totalitaires dans lesquels la religion est un terrorisme intellectuel, dont le non-respect peut conduire à la décapitation. La quasi totalité des pays du monde pratiquent plusieurs religions. Dans des pays assez nombreux, la majorité des individus sont athées, ou agnostiques.

La cause est donc entendue : on ne peut certes nier que les considérations tirées du territoire, de la langue, des valeurs communes n’ont aucun intérêt, loin s’en faut. Dans une première approximation, ces critères restent valables. Si un peuple les réunit tous ensemble, s’il jouit d’un territoire commun depuis des siècles, s’il parle une langue largement dominante, s’il admet des valeurs communes, ce peuple est bien une nation.

Qu’en est-il pour les peuples qui ne remplissent pas ces conditions simples, ou qui, subjugués par des pays agressifs, destructeurs et conquérants, ont cessé de les remplir, par exemple parce que leur territoire a été conquis ou dépecé, ou si leur langue a été détruite par le colonisateur ? Puisque nous parlons ici de la Bretagne et de la Corse, ces deux entités sont-elles des nations, quoique subjuguées, administrées, exploitées à son avantage par la France ? Les ignares placés à la tête de ce pays ont beau jeu de dire que ces deux pays ne possèdent ni un Etat, ni un gouvernement autonome, ni une législation propre, ni une fiscalité particulière, et qu’ils sont donc français, nous allons voir que ces affirmations sont absurdes.

 

A SUIVRE …

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